B. La République face aux menaces

1. Des menaces de toutes parts

Alors que la jeune République s’engage dans une guerre contre la Grande-Bretagne et les Provinces-Unies (février 1793) dans l’intention de diffuser ses idéaux révolutionnaires, une coalition de monarchies européennes se met en place et va repousser les offensives françaises. La menace extérieure se renforce.

Dans le même temps, la République doit faire face à des guerres civiles qui la menace de l’intérieur. Dans un contexte de guerre, la Convention décrète la levée en masse de 300 000 hommes. La décision entraîne une révolte en Vendée (Vendée militaire) et renforce la Chouannerie dans une Bretagne déjà sous tension notamment à cause de l’instauration de la constitution civile du clergé. A cela s’ajoute le soulèvement de plusieurs villes (Marseille, Lyon) en réaction à l’arrestation des Girondins (2 juin 1793) : l’insurrection fédéraliste.

2. La « Terreur »

Après l’arrestation des Girondins, la Convention passe sous le contrôle des Montagnards soutenus par les sans-culottes. Alors qu’une nouvelle Constitution est adoptée (Constitution de l’an I) à l’été 1793, le contexte empêche son application. La Convention se maintient et devient un gouvernement révolutionnaire.

Dans les faits, les pouvoirs se concentrent au sein du Comité de salut public, véritable gouvernement, qui passe sous le contrôle de Robespierre. Il s’appuie sur le Comité de sûreté générale chargé de pourchasser toute personne suspecte de s’opposer au cours de la Révolution (loi des suspects) et sur le Tribunal révolutionnaire, principal instrument de la « Terreur » qui tend vers une justice expéditive (loi du 22 prairial), responsable de l’exécution de plusieurs milliers de personnes.

En province, les représentants en mission appliquent les décisions du pouvoir central, parfois sans ménagement (siège de Lyon, noyade de Nantes).


Vocabulaire

Chouannerie : révolte bretonne contre la Convention montagnarde caractérisée par la guérilla.

Comité de salut public : organe de la Convention qui a les pleins pouvoirs afin de protéger la République des menaces de l’extérieur et de l’intérieur. Mis en place au printemps 1793 pour un temps limité, il est maintenu jusqu’à l’automne 1795.

Comité de sûreté générale : comité mis en place par la Convention dans le but de pourchasser les individus suspectés d’être des ennemis de la République = police politique.

Insurrection fédéraliste : révoltes en province (Marseille, Lyon) en réaction à l’arrestation et l’élimination des députés Girondins.

Représentant en mission : députés de la Convention envoyés dans les provinces troublées pour les pacifier.

Tribunal révolutionnaire : cour de justice d’exception, sans recours possible, créée à Paris (1793-1795) qui servira activement sous la Terreur.

Vendée militaire : espace dans lequel a lieu la révolte en Vendée.


Documents

carte : La République menacée

La Convention et ses comités

La Loi des suspects (17 septembre 1793)

Print Friendly, PDF & Email

Auteur : M.REGNIER

M. REGNIER enseigne l'histoire-géographie au lycée Balata en Guyane.