B. Le souffle des aspirations libérales et nationales

1. La remise en cause de l’ordre ancien

Le nouvel ordre européen, qui ne répond pas aux aspirations libérales et nationales, est rapidement remis en cause.

Dans les années 1820, une vague de mouvements contestataires se développe. La société secrète des carbonari aux revendications libérales est à l’origine de révoltes dans certains États italiens (Naples et Piémont). En Espagne, des officiers obligent le roi à accepter une constitution en 1820.

Dans les années 1830-1831, un élan révolutionnaire qui part de France se diffuse en Europe. Avec les ordonnances du 25 juillet 1830, le roi Charles X cherche à renforcer son pouvoir et à limiter les libertés publiques. En réaction, les Parisiens se soulèvent et renversent le roi à l’issue de trois jours de lutte : c’est les Trois Glorieuses. Louis-Philippe, réputé libéral, devient alors le « roi des Français ».

L’événement trouve un écho en Europe. A l’issue d’une révolution en 1830, la Belgique s’émancipe des Pays-Bas et devient une monarchie constitutionnelle. En Pologne, un soulèvement national (né d’un complot militaire) contre la domination russe, éclate en novembre 1830. La vague contestataire secoue également certains États italiens et allemands.

Les aspirations d’émancipation nationale s’inspirent du soulèvement des Grecs contre les Ottomans en 1821. La lutte des Grecs, qui cause le massacre de civils turcs (Tripolitza, 1821) et grecs (Chios en 1822), reçoit le soutien des puissances européennes et mène à l’Indépendance de la Grèce en 1830.

Le massacre de Chios (25 000 civils grecs tués et 45 000 Grecs vendus comme esclaves) choque l’opinion publique internationale et favorise le philhellénisme.

Le résumé en schéma : La remise en cause de l’ordre ancien

2. Des contestations largement réprimées

Les contestations libérales des années 1820 sont réprimées par la Sainte-Alliance. En 1821, l’Autriche intervient dans les États italiens qui se sont soulevés (Naples, Piémont) pour remettre en place la monarchie absolue. En 1822, c’est la France qui rétablit l’ordre ancien en Espagne.

Les mouvements révolutionnaires des années 1830 ont permis à la France de se réconcilier avec la monarchie constitutionnelle (Trois Glorieuses) et à la Belgique de devenir indépendante, mais ils sont fortement réprimés dans les autres régions d’Europe. La Russie met ainsi fin à l’expérience d’autonomie de la Pologne par la force en 1831. L’Autriche rétablit l’ordre dans les États italiens et la Confédération germanique.

De son côté, la Grèce doit son indépendance à l’intervention de la Russie, de la France et de l’Angleterre face à la répression ottomane.

La répression des mouvements contestataires européens pousse de nombreuses personnes à s’exiler (réfugiés politiques) à Paris, à Londres ou en Suisse.

Si les soulèvements contre l’ordre du Congrès de Vienne n’ont pas abouti, ils montrent tout de même que la situation politique en Europe est fragile.

Le résumé en schéma : Des contestations largement réprimées


Vocabulaire

Carbonari : société secrète et politique qui est à l’origine des troubles qui remettent en cause l’ordre du Congrès de Vienne en Italie dans les années 1820 et 1830.


Documents

Etude de document : La répression russe en Pologne.

PPO : Le massacre de Chios (1822) [PDF]

PPO : Les Trois Glorieuses (1830) [PDF]

Décryptage : « La Liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix exposé à Paris en 1831.


Pour aller plus loin (et pour le goût de la culture)…
« Eugène Delacroix », Les grands maîtres de la peinture, Toute L’Histoire, 2015.

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Auteur : M.REGNIER

M. REGNIER enseigne l'histoire-géographie au lycée Balata en Guyane.