A. Des idées contestataires persistantes

1. Le refus des réformes libérales en France

En France, la mise en place de la monarchie de Juillet avec Louis-Philippe en 1830 est une victoire de la bourgeoisie et ouvre la voie au modèle libéral. Pourtant, les réformes politiques attendues par les orléanistes modérés (Parti du Mouvement mené par Adolphe Thiers) pour avancer vers un régime plus démocratique (réformes électorales) n’ont pas lieu.

Dès 1831, les orléanistes conservateurs (Parti de la Résistance) sous l’influence de Guizot sont au pouvoir. Pour eux, la Charte de 1830 est suffisante en matière d’ouverture. Le gouvernement conservateur mis en place favorise les propriétaires et les notables et refuse d’engager des réformes politiques. L’idée du suffrage universel direct réclamé par les Républicains est écartée.

Avec le souci de maintenir l’ordre, les soulèvements républicains (1832) et populaires (révolte des canuts à Lyon) sont réprimés.

Sur le plan des libertés, des lois durcissent les libertés d’association (1834) et de la presse (1835).

Le suffrage censitaire exclut de facto une grande partie de la population (femmes, ouvriers et paysans).

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Le résumé en schéma : Le refus des réformes libérales en France

2. Esprit libéral et mutations sociales en Europe

Malgré la répression des mouvements des années 1820 et 1830, les revendications subsistent. Elles sont notamment portées par les réfugiés politiques originaires des États où les soulèvements ont échoué. Ces exilés participent ainsi à la circulation des idées en Europe, à l’image de l’italien Guiseppe Mazzini, figure des carbonari, qui fonde le mouvement nationaliste européen « Jeune Europe » en Suisse en 1834.

En France, les Trois Glorieuses entraînent l’instauration d’une monarchie en apparence libérale mais elle déçoit rapidement les réformistes.

Parallèlement à cette effervescence politique, le contexte économique et social se transforme. Dans les villes, les débuts de l’industrialisation associée à la concentration ouvrière causent l’affaiblissement des conditions de vie des ouvriers (textile) et creusent les inégalités sociales : on parle alors de paupérisme. Cette évolution participe au développement des nouvelles idées politiques comme le socialisme.

Enfin, la crise économique qui frappe l’Europe en 1846 va aggraver les tensions.

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Sherda, 1G.

Le résumé en schéma : Esprit libéral et mutations sociales en Europe


Vocabulaire

Monarchie de Juillet : nom donné à la période correspondant au règne de Louis-Philippe (1830-1848), roi de Français installé sur le trône à l’issu des Trois Glorieuses (juillet 1830).

Paupérisme : état de grande pauvreté d’une population.

Réformistes : personnes favorables à des réformes politiques ou sociales.

Socialisme : idéologie qui apparaît au XIXe siècle en réaction aux inégalités sociales dans la société et qui propose un nouveau modèle politique, économique et social plus juste et équitable entre les individus.

Documents

– étude de document : La critique de la Monarchie de Juillet (1830-1848)

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Auteur : M.REGNIER

M. REGNIER enseigne l'histoire-géographie au lycée Balata en Guyane.