B. La société française en mutation

1. Une France encore rurale

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Une France encore rurale (1848-1870) [PDF]

La leçon

Vers le milieu du XIXe siècle, la population française vit très majoritairement à la campagne. En 1866, 69,5 % des Français sont des ruraux et 51,1 % de la population active vit de l’agriculture.

Sous le Second Empire, les progrès de l’agriculture se renforcent (fertilisation des terres pauvres, prairies artificielles) et les rendements s’améliorent (blé, pomme de terre, betterave…). De plus, la mécanisation se développe à l’exemple des locomobiles qui se répandent progressivement dans les campagnes.

Ces progrès améliorent la productivité et poussent les ruraux les moins qualifiés et les plus pauvres à quitter la campagne pour rejoindre les villes où la demande de main d’œuvre augmente avec l’industrialisation : c’est l’exode rural. Dans ce contexte, les conditions de vie des habitants de la campagne s’améliorent (augmentation des salaires, progrès de l’alimentation…) même si elles demeurent encore globalement difficiles.

Autre progrès, les campagnes françaises se politisent grâce au suffrage universel masculin qui donne le droit de vote aux paysans sans conditions de moyens et favorise ainsi l’intérêt des ruraux pour la politique à laquelle ils sont désormais partie prenante (débats, participation aux élections…).

Toutefois, la France rurale reste très conservatrice. Les ruraux sont attachés aux valeurs traditionnelles en lien notamment avec le fait religieux qui reste important dans la vie des Français du XIXe siècle, très majoritairement catholiques. L’Église a également un rôle important dans l’instruction, en particulier dans les écoles publiques de filles.

Ecoute la leçon

2. L’émergence du monde ouvrier

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L’émergence d’une classe ouvrière [PDF]

La leçon

Avec l’essor de l’industrialisation au XIXe siècle, les ouvriers, catégorie sociale largement associée à la ville et à l’industrie, prennent une place de plus en plus importante dans la société.

Sous le Second Empire, les ouvriers représentent 27 % de la population active (contre 51,5 % dans l’agriculture). Si leurs conditions de vie s’améliorent (augmentation des salaires), elles restent difficiles, surtout pour les personnes seules. L’alimentation représente la moitié de leur budget, les loyers sont chers et les loisirs restent rares (le cabaret est « l’église de l’ouvrier ») sans parler des risques d’accidents liés à la mécanisation.

Face aux ouvriers, les régimes en place ont des attitudes ambiguës. Si l’instauration de la Deuxième République en février 1848 annonçait des progrès sociaux en faveur du monde ouvrier (limitation du temps de travail, Ateliers nationaux), la répression violente en réaction aux Journées de juin est une désillusion pour les ouvriers français. Sous le Second Empire, Napoléon III a conscience des difficultés du monde ouvrier et de la nécessité d’y répondre notamment pour limiter les risques de révolutions. Il prend des initiatives teintées de paternalisme dans ce sens (patronage de crèche ou d’asiles ouvriers) et ouvre même la voie à un droit de grève encadré avec la loi Ollivier de 1864. Toutefois, ces progrès sociaux n’empêchent pas le régime de réprimer les mouvements sociaux (grèves du Creusot en 1870).

Dans ce contexte, les ouvriers prennent progressivement conscience de former une classe sociale à part entière. Pourtant, les ouvriers ne constituent pas un groupe homogène : il existe une très grande diversité de métiers ouvriers (journaliers, ouvriers spécialisés…). Cependant, ils connaissent pour la plupart les mêmes conditions difficiles d’existence et partagent souvent les mêmes revendications (Manifeste des soixante). Portée par des intérêts communs, une classe ouvrière émerge ainsi au milieu du XIXe siècle et va constituer un mouvement de plus en plus structuré et politisé, à l’image de l’Association internationale des travailleurs (1864) qui pousse à l’agitation sociale à la faveur de certaines lois libérales du Seconde Empire (loi Ollivier).

Ecoute la leçon (lue par Sajaline, 1A)

3. La bourgeoisie, nouvelle élite économique, politique et sociale.

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La bourgeoisie, nouvelle élite économique et politique [PDF]

La leçon

A partir du milieu du XIXe siècle, les élites traditionnelles (aristocratie) cèdent progressivement la place à une nouvelle élite économique, politique et sociale : la bourgeoisie.

L’industrialisation et l’extension du marché liée au développement du réseau ferroviaire, à la révolution du crédit et au libre-échangisme (Traité Cobden-Chevalier de 1860) sous le Seconde Empire créent un contexte favorable aux affaires. Les hommes d’affaires, symboles de l’élite bourgeoise, constituent d’énormes fortunes (James de Rothschild) et bâtissent ou consolident des empires industriels à la faveur de « beaux mariages » (homogamie voire endogamie). Pourtant, l’influence des grands patrons du Second Empire dépasse largement le cercle des affaires : ils ont un rôle de plus en plus grand dans la politique, à l’exemple d’Eugène Schneider, patron d’une grande entreprise au Creusot qui est maire, député et ministre.

Dans la société, cette bourgeoisie dont l’influence est croissante, n’est pas pour autant homogène. Il faut distinguer la très haute bourgeoisie, nouvelle élite dirigeante, des autres : les « bons » (négociants, industriels…), les « moyens » (médecins, notaires, avocats…) et les « petits » bourgeois (artisans aisés, petits fonctionnaires). Malgré tout, les bourgeois ont en commun la volonté d’adopter un mode de vie parfois tape-à-l’œil qui les distingue du peuple. L’argent, la culture (musique, littérature), un grand logement, des vêtements élégants sont autant de caractéristiques qui permettent à la bourgeoisie d’affirmer sa place privilégiée dans la société. Dans sa quête de nouveaux loisirs et à la faveur du développement du chemin de fer, la bourgeoisie urbaine participe ainsi à l’essor d’un tourisme balnéaire : c’est la grande mode des stations balnéaires, aménagées sur le littoral.

Ecoute la leçon (lue par Frédéric, 1E)


Le schéma-bilan de la leçon : « La société française en mutation »


Documents

– activité PPO : Les frères Pereire, acteurs de la modernisation économique [PDF]

– activité PPO : Le droit de grève : 25 mai 1864 [PDF]

– Entraînement BAC : La société française en mutation

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Auteur : M.REGNIER

M. REGNIER enseigne l'histoire-géographie au lycée Balata en Guyane.