A. Les espaces productifs reliés par des flux

1. Des flux croissants entre de grands pôles

Avec la mondialisation, les espaces productifs sont reliés entre eux par des flux matériels (marchandise, personnes…) et immatériels (services, capitaux, information) de plus en plus importants. Ces dernières années, les flux de services (vente de voyages, transport, informatique, finance) ont explosé. Les innovations technologiques participent à cet accroissement des flux (communications numériques assurées par les câbles sous-marins).

En presque quarante ans, le commerce mondial a connu un accroissement très rapide : selon le FMI, de 1980 à 2017, le volume du commerce mondial a été multiplié par 6,8. Selon l’OMC, ces dix dernières années (2008-2018), la valeur des exportations mondiales de marchandises a augmenté de 20% tandis que celle des exportations mondiales de services commerciaux a augmenté de 46%. Ainsi, en 2018, la valeur du commerce mondial des marchandises s’élève à 19 670 milliards $ et celle du commerce mondial des services commerciaux à 5 630 milliards $.

Toutefois, la grande majorité des échanges mondiaux concerne d’abord l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie et une part importante de ces échanges (52%) est réalisée entre pays d’un même continent (commerce intra-continental).

En 2018, les 10 principaux exportateurs et importateurs de marchandises et de services (États-Unis, Chine, Allemagne, Japon, France…) représentent plus de la moitié du commerce mondial total (20 États réalisent plus des 2/3 du commerce mondial).

L’affirmation de la Chine dans le commerce mondial (1er pays exportateur et importateur de marchandises) ainsi que la forte progression de Hong Kong, de l’Inde ou encore du Mexique dans le classement mondial des 20 premiers importateurs et exportateurs de marchandises et de services ces dix dernières années illustrent la recomposition des flux mondiaux.

La pandémie de Covid-19 qui frappe actuellement la planète a causé un fort recul des flux de marchandises. L’OMC évalue la baisse du volume des échanges de 13 % à 32 % pour 2020. Cet événement montre les limites des productions mondialisées : les secteurs constitués de chaînes de valeur complexes et dispersées à travers le monde (électronique et automobile) sont vulnérables.

Ecoute la leçon ( lue par Christia, 1A )


2. Des espaces productifs mis en réseaux

Les espaces productifs sont intégrés dans des réseaux logistiques multimodaux à l’échelle du globe. Les États ou les régions se connectent aux échanges mondialisés en fonction de leur niveau de développement. Les territoires les plus intégrés, disposant de nœuds de communication, y jouent un rôle prépondérant tandis que les territoires en marge en sont exclus.

Le transport maritime (et la conteneurisation) contribue largement à l’accroissement du commerce international (80 % du fret mondial). Selon la CNUCED, le volume du trafic maritime international est passé 2,6 milliards de tonnes en 1970 à 10,7 milliards de tonnes en 2017. Avec 42 % du tonnage de marchandises mondial chargé, et 60 % du tonnage de marchandises mondial déchargées, l’Asie est aujourd’hui au cœur du trafic maritime.

Le transport aérien a lui aussi connu une forte augmentation. En 2018, 4,3 milliards de passagers ont voyagé en avion (contre 310 millions de passagers en 1970). Le trafic de marchandises (fret) a augmenté de 40 % en dix ans. Les hubs aériens servent de nœuds d’interconnexions entre les espaces mondiaux : les 10 premiers aéroports internationaux (dont Atlanta, Beijing, Dubaï, Tokyo et Paris) concentrent à eux seuls 20 % de la fréquentation mondiale de passagers. Le transport aérien est toutefois perturbé lors de crises majeures : la fermeture des frontières aériennes et les mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19 ont participé à la forte chute du trafic aérien mondial au printemps 2020.

Dans le domaine de l’énergie, les réseaux d’oléoducs et de gazoducs sont en expansion à l’exemple de « Force de Sibérie » qui devrait relier la Sibérie orientale à Shanghai et serait alors l’un des gazoducs les plus longs au monde (plus de 3 000 kilomètres). Ils nécessitent des investissements coûteux et suscitent régulièrement des tensions géopolitiques (Nord Stream 2 en mer Baltique).

Enfin, les réseaux numériques jouent un rôle déterminant dans les échanges d’informations, notamment dans la finance. La « révolution numérique » a facilité les échanges de capitaux et a renforcé l’interconnexion entre les grandes places financières (Bourses) qui dominent les marchés internationaux. Dix bourses (New-York, Tokyo, Shanghai, Hong Kong, Londres…) concentrent 80 % de la capitalisation boursière mondiale. Fin 2019, la première bourse de New York (NYSA) capitalise près de 30 000 milliards $ soit 40 % de la valeur boursière mondiale totale.

Ecoute la leçon ( lue par Sajaline, 1A )


Vocabulaire

Flux :  circulation d’une certaine quantité de personnes, de véhicules, d’informations, de marchandises, transportés par un moyen de communication, par le biais d’un réseau

Multimodal : plusieurs modes de transport (maritime, aérien, terrestre).


Documents

Quiz : L’espace productif mondial

Carte : Les flux commerciaux dans le monde

Doc. : Les 20 premiers pays exportateurs/importateurs

– ED : Singapour, une cité-Etat au cœur des échanges mondiaux

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Auteur : M.REGNIER

M. REGNIER enseigne l'histoire-géographie au lycée Balata en Guyane.