B. Littoralisation et métropolisation des espaces productifs

1. La concentration des espaces productifs sur les littoraux

Selon la CNUCED, le trafic maritime représente 80 % des échanges mondiaux en volume (10,7 milliards de tonnes de marchandises échangées en 2017). Il a triplé depuis les années 1990. En 2017, les 20 principaux ports mondiaux (Ningbo, Shanghai, Singapour…) ont manutentionné 9,3 milliards de tonnes de marchandises.

Dans ce contexte, les littoraux, interfaces reliant l’arrière-pays à la mondialisation grâce à leurs ports, sont des espaces privilégiés. Pour gagner en efficacité, ils sont aménagés afin de lier fonctions industrielles et portuaires (ZIP). De plus, ces espaces sont dotés de plateformes multimodales favorisant la circulation des flux. Dynamiques et attractifs, les littoraux concentrent ainsi d’importants foyers de populations et de nombreuses activités économiques : on parle de littoralisation.

Associées aux grands pôles d’échanges internationaux qui organisent les principales routes maritimes, quelques façades maritimes s’imposent dans les relations commerciales mondiales : Japon, Chine, Northern Range (Europe du Nord), la côte Est et la côte Pacifique des Etats-Unis. L’Asie orientale s’impose désormais comme le nœud central des échanges maritimes mondiaux : 64 % du trafic portuaire mondial de conteneurs,  61 % du volume de marchandises déchargées, 9 des 10 premiers ports de conteneurs mondiaux. La place de la Chine est prépondérante.

Les porte-conteneurs jouent un rôle essentiel dans les échanges maritimes (en valeur). L’évolution de ces navires (taille, capacité) pousse les zones portuaires à s’adapter (étalement, flexibilité) et à se moderniser (automatisation) à l’exemple du port de Yangshan à Shanghai. Le numérique s’invite aussi autour des activités portuaires : navires autonomes, drones, cybersécurité.

Le podcast de la leçon (lue par Yslène, 1G)


2. La concentration des espaces productifs dans les métropoles

Les grandes métropole sont des acteurs importants de l’économie mondiale. En 2016, les 300 villes les plus riches concentraient près de 50 % de la richesse mondiale (PIB). Il n’est pas rare que la production de richesses dans les grandes métropoles (PUB) soit supérieure à celle de certain Etats (New York>Espagne, Londres>Portugal).

L’importance grandissante des métropoles dans la mondialisation est liée à la métropolisation, c’est-à-dire la concentration d’activités, de populations, de capitaux et de fonctions de commandement dans l’espace métropolitain. Les métropoles sont au cœur des flux financiers avec leurs quartiers d’affaires et leurs infrastructures numériques. Elles développent des activités à forte valeur ajoutée en s’appuyant notamment sur des technopôles et sur une main d’œuvre qualifiée formée dans ses universités. Grâce à leurs hubs aéroportuaires et portuaires, ce sont des nœuds essentiels dans les flux mondiaux de personnes et de marchandises.

Elles ont une influence à différentes échelles (régionale, nationale voire mondiale). Dans les pays de l’OCDE, les métropoles concentrent en moyenne 59% des emplois et 61% de la richesse nationale. Sao Paulo est le principal pôle financier et commercial d’Amérique latine, le rayonnement de New York dépasse les frontières du continent américain.

Les grandes métropoles sont en compétition. Elles se transforment et multiplient les aménagements (technopôles, CBD, ZIP) pour renforcer leur attractivité (IDE, FTN) et  maintenir leur position dans la hiérarchie des villes globales. Aujourd’hui, New York, Londres, Paris et Tokyo s’imposent dans les principaux classements internationaux. Ces villes mondiales sont talonnées par Shanghai, Hong Kong, Singapour, Séoul…

Le podcast de la leçon (lue par Soraya, 1G)


Vocabulaire

Hub : noyau pivot d’un système de transport.

Interface : zone de contact entre deux espaces.

Littoralisation : concentration de population et d’activités sur les littoraux.

Métropolisation : processus de concentration de populations, d’activités, de valeur dans des ensembles urbains de grande taille.

Noeud : carrefour majeur dans les flux mondiaux.

Zone industrialo-portuaire (ZIP) : espace qui associe des activités portuaires et industrielles dans un système économique et spatial complexe, souvent sur les littoraux.


Documents

– Doc. : La façade maritime asiatique au centre des échanges maritimes mondiaux

– Doc. : Le port de Yangshan : extension moderne du port de Shanghai

A. Les espaces productifs reliés par des flux

1. Des flux croissants entre de grands pôles

Avec la mondialisation, les espaces productifs sont reliés entre eux par des flux matériels (marchandise, personnes…) et immatériels (services, capitaux, information) de plus en plus importants. Ces dernières années, les flux de services (vente de voyages, transport, informatique, finance) ont explosé. Les innovations technologiques participent à cet accroissement des flux (communications numériques assurées par les câbles sous-marins).

En presque quarante ans, le commerce mondial a connu un accroissement très rapide : selon le FMI, de 1980 à 2017, le volume du commerce mondial a été multiplié par 6,8. Selon l’OMC, ces dix dernières années (2008-2018), la valeur des exportations mondiales de marchandises a augmenté de 20% tandis que celle des exportations mondiales de services commerciaux a augmenté de 46%. Ainsi, en 2018, la valeur du commerce mondial des marchandises s’élève à 19 670 milliards $ et celle du commerce mondial des services commerciaux à 5 630 milliards $.

Toutefois, la grande majorité des échanges mondiaux concerne d’abord l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie et une part importante de ces échanges (52%) est réalisée entre pays d’un même continent (commerce intra-continental).

En 2018, les 10 principaux exportateurs et importateurs de marchandises et de services (États-Unis, Chine, Allemagne, Japon, France…) représentent plus de la moitié du commerce mondial total (20 États réalisent plus des 2/3 du commerce mondial).

L’affirmation de la Chine dans le commerce mondial (1er pays exportateur et importateur de marchandises) ainsi que la forte progression de Hong Kong, de l’Inde ou encore du Mexique dans le classement mondial des 20 premiers importateurs et exportateurs de marchandises et de services ces dix dernières années illustrent la recomposition des flux mondiaux.

La pandémie de Covid-19 qui frappe actuellement la planète a causé un fort recul des flux de marchandises. L’OMC évalue la baisse du volume des échanges de 13 % à 32 % pour 2020. Cet événement montre les limites des productions mondialisées : les secteurs constitués de chaînes de valeur complexes et dispersées à travers le monde (électronique et automobile) sont vulnérables.

Ecoute la leçon ( lue par Christia, 1A )


2. Des espaces productifs mis en réseaux

Les espaces productifs sont intégrés dans des réseaux logistiques multimodaux à l’échelle du globe. Les États ou les régions se connectent aux échanges mondialisés en fonction de leur niveau de développement. Les territoires les plus intégrés, disposant de nœuds de communication, y jouent un rôle prépondérant tandis que les territoires en marge en sont exclus.

Le transport maritime (et la conteneurisation) contribue largement à l’accroissement du commerce international (80 % du fret mondial). Selon la CNUCED, le volume du trafic maritime international est passé 2,6 milliards de tonnes en 1970 à 10,7 milliards de tonnes en 2017. Avec 42 % du tonnage de marchandises mondial chargé, et 60 % du tonnage de marchandises mondial déchargées, l’Asie est aujourd’hui au cœur du trafic maritime.

Le transport aérien a lui aussi connu une forte augmentation. En 2018, 4,3 milliards de passagers ont voyagé en avion (contre 310 millions de passagers en 1970). Le trafic de marchandises (fret) a augmenté de 40 % en dix ans. Les hubs aériens servent de nœuds d’interconnexions entre les espaces mondiaux : les 10 premiers aéroports internationaux (dont Atlanta, Beijing, Dubaï, Tokyo et Paris) concentrent à eux seuls 20 % de la fréquentation mondiale de passagers. Le transport aérien est toutefois perturbé lors de crises majeures : la fermeture des frontières aériennes et les mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19 ont participé à la forte chute du trafic aérien mondial au printemps 2020.

Dans le domaine de l’énergie, les réseaux d’oléoducs et de gazoducs sont en expansion à l’exemple de « Force de Sibérie » qui devrait relier la Sibérie orientale à Shanghai et serait alors l’un des gazoducs les plus longs au monde (plus de 3 000 kilomètres). Ils nécessitent des investissements coûteux et suscitent régulièrement des tensions géopolitiques (Nord Stream 2 en mer Baltique).

Enfin, les réseaux numériques jouent un rôle déterminant dans les échanges d’informations, notamment dans la finance. La « révolution numérique » a facilité les échanges de capitaux et a renforcé l’interconnexion entre les grandes places financières (Bourses) qui dominent les marchés internationaux. Dix bourses (New-York, Tokyo, Shanghai, Hong Kong, Londres…) concentrent 80 % de la capitalisation boursière mondiale. Fin 2019, la première bourse de New York (NYSA) capitalise près de 30 000 milliards $ soit 40 % de la valeur boursière mondiale totale.

Ecoute la leçon ( lue par Sajaline, 1A )


Vocabulaire

Flux :  circulation d’une certaine quantité de personnes, de véhicules, d’informations, de marchandises, transportés par un moyen de communication, par le biais d’un réseau

Multimodal : plusieurs modes de transport (maritime, aérien, terrestre).


Documents

Quiz : L’espace productif mondial

Carte : Les flux commerciaux dans le monde

Doc. : Les 20 premiers pays exportateurs/importateurs

– ED : Singapour, une cité-Etat au cœur des échanges mondiaux

B. Les facteurs de la recomposition des espaces productifs

1. Les FTN, principaux acteurs de la production

Dans le cadre de la DIT, le système productif est organisé en chaînes de valeur ajoutée : la fabrication d’un produit est décomposée en différentes étapes (conception à assemblage) sur plusieurs territoires sous la supervision d’une entreprise qui optimise l’organisation de ses activités afin d’améliorer sa rentabilité (valeur/coût).

Dans le système productif mondial, les FTN jouent un rôle majeur. Ce sont ainsi plus de 60 000 entreprises, contrôlant 500 000 filiales sur la planète (80 millions de salariés), qui réalisent plus de la moitié des échanges mondiaux. Si elles restent fortement associées à leur Etat d’origine (enjeux diplomatiques et stratégiques) où elles maintiennent généralement leur siège social (décision) et leurs activités de R&D (recherche), elles disposent d’une influence considérable à l’échelle locale, nationale et mondiale. Elles contrôlent ainsi toute la chaîne de production (fourniture de matières premières, assemblage, vente) : le choix des territoires où elles investissent tout comme le choix de leurs fournisseurs et de leurs sous-traitants dépendent d’une analyse qui tient compte d’un grand nombre de facteurs (fiscalité, coût salarial, risque géopolitique, protection sociale…) afin de maximiser leur profit. Les FTN participent donc fortement à la recomposition des espaces productifs.

Ces dernières années, des FTN contrôlées par des pays émergents (Chine, Inde…) se classent parmi les firmes les plus importantes du monde. En 2019, la Chine compte même plus de FTN que les Etats-Unis dans la liste des 500 sociétés les mieux cotées en bourses (129 contre 121). Avec leurs FTN, les pays émergents s’attaquent aux marchés internationaux et n’hésitent pas à faire concurrence aux pays occidentaux en provoquant parfois des tensions politiques (Etats-Unis/Chine). Toutefois le top 10 reste largement dominé par les entreprises américaines (8/10), en particulier par les GAFAM.

Les Etats jouent aussi un rôle dans la recomposition des espaces productifs en orientant les IDE vers leur territoire plutôt que vers un autre (le concurrent). Pour sortir gagnant de cette mise en concurrence des territoires par les FTN, ils adaptent leurs politiques fiscales (baisse d’impôts, zones franches), sociales (baisse de charges) voire environnementales (suppression de normes) et renforcent leurs équipements (ports, aéroports, réseau internet).

Enfin, autour des FTN, les acteurs de la finance (banques, bourses…) facilitent le financement des entreprises et peuvent contribuer à échapper à l’impôt (paradis fiscaux). En 2019, les 100 premières FTN capitalisaient plus de 21 000 milliards $, soit 1/4 de la capitalisation boursière mondiale.

Ecoute la leçon (lue par Sajaline, 1A)

2. Les conséquences de la révolution numérique

La révolution numérique (informatique, internet) bouleverse les systèmes productifs en accélérant la diffusion de l’informatisation, de l’automatisation et de la robotisation par exemple. Elle favorise l’apparition de nouveaux systèmes (Internet), de nouveaux produits (objets connectés), de nouvelles logiques de production (« juste à temps ») et de nouveaux services (e-commerce).

Grâce à la révolution numérique, l’information circule plus vite (instantanéité) d’un point à l’autre de la planète permettant d’interconnecter les systèmes productifs (mise en réseau) et ainsi de mieux coordonner les activités tout au long de la chaîne de valeur, avec une meilleure précision, une plus grande sécurité et à des coûts plus faibles. Par exemple, la géolocalisation par satellite donne la possibilité aux entreprises de suivre en temps réel leur marchandise (avion, poids-lourds, conteneur) et de mieux gérer leur logistique.

L’économie numérique met en relation les espaces productifs en supprimant les contraintes liées à la distance et au temps. Les centres d’appels de certains services consommateurs peuvent être délocalisés vers des territoires où les salaires sont bas (Madagascar). De la même manière, la sous-traitance informatique est facilitée (programmation en Inde). Dans la finance, le réseau interbancaire SWIFT (10 000 banques) facilite les transferts de fonds transfrontaliers (7,8 milliards d’ordres passés en 2018) avec une capacité de 300 milliards de dollars de paiements par jour.

Toutefois, la révolution numérique s’accompagne de nouveaux enjeux : l’uberisation de l’économie, influence croissante des GAFAM, cybercriminalité, protection des données personnelles.

Ecoute la leçon (lue par Yslène, 1G)


Vocabulaire

Capitalisation boursière : valeur de marché d’une société cotée en Bourse.

Chaîne de valeur ajoutée : différentes étapes de production d’un bien, matériel ou immatériel, ou d’un service complexe au sein d’une entreprise (de l’approvisionnement en matières premières à la commercialisation/service après-vente).

FTN (firme transnationale) : entreprise qui a des activités dans plusieurs pays.

GAFAM : entreprises américaines qui dominent le secteur du numérique (Internet) = Google (), Apple, Facebook, Amazon, Microsoft.

Investissements directs à l’étranger (IDE) : tout investissement transfrontalier dont le résultat est soit d’acquérir (ou de contrôler) une société existante, soit de créer une filiale.

Système productif : ensemble des facteurs et des acteurs concourant à la production, à la circulation et à la consommation de richesses.

Ubérisation : modèle de commerce qui tire parti des nouvelles technologies numériques et qui met en relation directe et quasi-instantanée des clients et des prestataires fournisseurs de ressources, avec un coût de revient réduit et des prix très bas.


Documents

– Vidéo : Les GAFA sont-ils trop puissants ? (France 24, 2020)

A. Des espaces productifs diversifiés

1. Des espaces productifs hiérarchisés

Avec la mondialisation, les productions se répartissent dans le monde en fonction des avantages de chaque territoire : c’est la Division Internationale du Travail (DIT).

Les pays les plus développés s’imposent dans la DIT. Ce sont des centres décisionnels mais aussi des pôles de recherche et d’innovation attractifs pour les FTN grâce notamment à leurs grandes universités, à leur poids financier (investissements), ainsi qu’à leurs infrastructures numériques (Internet). Selon l’ONU, une dizaine de pays concentraient 80 % de la recherche en 2017 avec la domination des Etats-Unis (453 milliards $ soit 1/3 des dépenses mondiales en R&D).

Les pays en développement sont intégrés dans le système productif mais leur rôle est moins important dans la chaîne de valeur. Ils fournissent les matières premières (lithium du Chili) et agricoles (cacao de Côte d’Ivoire) ce qui les rend dépendants des aléas du marché (chute des prix). Du fait de leur main d’œuvre bon marché, certains pays (pays-ateliers) concentrent des activités à faible niveau de qualification (assemblage, industrie légère, centres d’appels…). Ces territoires sont interchangeables et sont donc fortement mis en concurrence.

Enfin, d’autres pays restent en dehors du système productif mondial parce que leur situation ne présente pas d’avantages particuliers pour les FTN (pas de ressource, instabilité politique, guerres…) : on parle alors de pays en marge de la mondialisation.

Toutefois, certains pays émergents parviennent à tirer bénéfice de la DIT. Les anciens pays ateliers appelés « petits dragons » (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong) sont devenus des pays industrialisés. Aujourd’hui la Chine, devenue la première puissance industrielle mondiale, cherche à renforcer son poids dans les secteurs de haute technologie et accroît son influence en investissant dans d’autres Etats (Europe, Afrique de l’Est) dans le cadre de son projet de « nouvelle route de la soie ».

Ecoute la leçon (lue par Yildiz, 1D)

2. De nouveaux espaces de production

Dans la logique de la DIT, les espaces de production sont évalués par les FTN en fonction de leurs objectifs de profit. Elles s’intéressent ainsi aux territoires dans lesquels se trouvent les ressources naturelles (extraction de minerais, terres arables…) ou humaines (main d’œuvre bon marché) dont elles ont besoin. Cette démarche favorise l’émergence de nouveaux espaces productifs considérés auparavant comme marginaux (déserts, Amazonie, grands fonds marins) ou exclus de la mondialisation (Afrique de l’Est).

Dans un contexte de production de masse et de forte concurrence, les acteurs et les territoires tentent de se différencier en proposant des produits nouveaux (légumes tropicaux) ou labellisés (qualité) en misant sur un savoir-artisanal. Dans certains cas, cette différenciation peut être incompatible avec les objectifs de développement durable (transport, produits hors saison).

Les besoins croissants en innovation dans un environnement compétitif, renforcés par la révolution numérique, favorisent le développement d’espaces productifs spécialisés dans les hautes technologies (Silicon Valley en Californie, Bangalore en Inde). Depuis 2017, ce sont d’ailleurs les entreprises du secteur des technologies qui concentrent les capitalisations boursières les plus élevées (5,6 milliards $ en 2019) avec en tête Microsoft et Apple (2019).

Ecoute la leçon (lue par Sajaline, 1A)


Vocabulaire

Division Internationale du Travail (DIT) : répartition mondiale des productions en fonction des avantages comparatifs de chaque espace producteur.

Espace productif : espace sur lequel se réalise une production de biens ou de services.

FTN (firme transnationale) : entreprise qui a des activités dans plusieurs pays.

Industrie légère : industrie qui produit des biens légers (produits électroniques, vêtements…).

« Nouvelle route de la soie » : projet lancé en 2013 visant à développer les échanges commerciaux entre la Chine et le reste du monde grâce à des investissements chinois massifs dans divers pays (notamment en Afrique de l’Est).

Système productif : ensemble des facteurs et des acteurs concourant à la production, à la circulation et à la consommation de richesses.


Documents

– Vidéo : La nouvelle « route de la soie » (Brut, 2019)

B. La place des villes petites et moyennes dans la métropolisation

1. La fragilisation des villes petites et moyennes

La France compte un grand nombre de villes petites (5 000 à 20 000 habitants) et moyennes (20 000 à 200 000 habitants). Plus de la moitié de la population française vit dans une ville de moins de 100 000 habitants.

Peu attractives, souvent affectées par la désindustrialisation, certaines de ces villes connaissent un taux de chômage élevé et manque de moyens, en particulier dans le Nord et l’Est de la France. Elles sont également touchées par le recul des services publics (hôpitaux, tribunaux, poste…). L’activité se déplace dans les espaces périurbains (centres commerciaux, lotissements) et affaiblit les centres-villes qui se désertifient (friches commerciales).

Les villes petites et moyennes sont généralement en marge de la métropolisation qui tend à favoriser la concentration des activités, des personnes et des richesses dans les grandes villes au détriment des autres.

Pourtant, l’interaction entre les métropoles régionales et les villes alentour peuvent créer des dynamiques positives à l’image du pôle de compétitivité Aerospace Valley. De plus, certaines villes peuvent profiter des réseaux de communication et de transport de la métropole dont elle dépend.

L’État met aussi en place des politiques en faveur des villes petites et moyennes (plans d’aménagement, installation d’université dans les villes moyennes, plan « Action Cœur de Ville ») afin améliorer l’attractivité et les conditions de vie des habitants des villes petites et moyennes.

2. Des trajectoires variées

Les ville petites et moyennes présentent des situations diverses. Si certaines villes s’intègrent à la dynamique de leur métropole, avec plus ou moins de succès, d’autres plus isolées se cantonnent à un rôle de relais de services publics sans grand dynamisme économique.

Certaines villes petites et moyennes sont dynamiques à l’échelle locale car elles ne subissent pas la concurrence des métropoles. On y trouve des services publics, des commerces et de l’emploi lié aux industries implantées sur leur territoire. Par exemple, Annecy présente un fort dynamisme commercial.

D’autres villes petites et moyennes profitent du dynamisme des métropoles en développant des activités économiques qui viennent compléter l’offre des grands centres urbains. Par exemple, Agen profite du dynamisme de l’Aerospace Valley (Toulouse-Bordeaux).

Toutefois, certaines villes restent exclues de la métropolisation. Ce sont généralement des villes qui sont trop éloignées des métropoles et/ou qui souvent souffrent des effets de la crise industrielle. Par exemple, Charleville-Mézières, située en Metz et Lille, n’est pas attractive et connait une perte d’emplois.


Documents

– Etude du CGET : Les villes moyennes françaises en difficulté ? (2018)

– Vidéo : Lutter contre la désertification des centres-villes (friches commerciales)

-Un pôle de compétitivité : L’Aerospace Valley

– Action de l’Etat : Plan « action coeur de Ville » (2018)

A. Le poids croissant des métropoles en France

1. Paris, capitale et ville mondiale

Seule ville mondiale française, Paris domine le territoire national.

La métropole parisienne est l’illustration du phénomène de métropolisation. Avec plus de 12 millions d’habitants, c’est une mégapole qui rassemble 19% de la population du pays. De plus, Paris concentre toutes les fonctions de commandement. Capitale politique, c’est aussi le lieu du pouvoir économique et financier (La Défense), de la recherche scientifique (Saclay) et de la culture (Le Louvres). Paris concentre ainsi 30 % du PIB national et La Défense, son quartier d’affaires, accueille de plus en plus de sièges sociaux de FTN du monde entier.

Paris est fortement ancrée dans la mondialisation grâce à ses infrastructures de communication qui connectent la France au reste du monde. Avec ses deux aéroports internationaux (plus de 99 millions de passagers en 2019 pour Orly et Roissy) et ses quatre gares TGV qui desservent la France et l’Europe, Paris est un hub.

Paris est un pôle d’activité incontournable et premier bassin d’emploi européen. Espace parmi les plus attractifs d’Europe en termes d’investissement (IDE), Paris reçoit le soutien des politiques publiques (Métropole du Grand Paris) dans la concurrence entre métropoles mondiales.

Toutefois, Paris perd des habitants. Nombreux sont ses cadres qui envisagent de quitter la métropole en quête d’une meilleure qualité de vie.

– Le résumé en schéma : Paris, capitale et ville mondiale

2. Les métropoles régionales se renforcent

Les métropoles régionales françaises sont incomplètes. Elles ne peuvent pas rivaliser avec Paris et leur influence est souvent limitée à l’échelle régionale.

Métropoles secondaires, elles restent cependant des pôles d’attractivité au sein des régions qu’elles structurent. Elles accueillent une population importante : 25% de la population nationale habite dans les 15 premières métropoles françaises. Ce sont également des bassins d’emplois qui concentrent les activités de haut niveau (entreprises de haute technologie, commerces spécialisés) et les services supérieurs (hôpitaux, universités).

Toutefois, l’attractivité des métropoles régionales est inégale. Bien connectées aux réseaux de communications, bénéficiant souvent d’un cadre de vie plutôt agréable (climat, littoral), les métropoles de l’Ouest et du Sud sont les plus dynamiques. Au contraire, les métropoles du Nord, de l’Est et du Centre qui ont subi la crise industrielle sont moins attractives que celles du littoral.

Les métropoles régionales françaises cherchent à améliorer leur attractivité à l’échelle européenne. Avec l’aide de l’État, elles se restructurent (statut de Métropole créé en 2010), gagnant ainsi des compétences, notamment économiques. Les métropoles régionales développent des pôles d’activités de haut niveau à l’image du quartier d’affaires Eurallile à Lille ou de l’extension de la technopole Toulousaine (Enova). Afin de mettre en avant leurs touts, elles ont recours au marketing territorial.


Vocabulaire

Hub : nœud reliant un territoire au réseau mondial grâce à des infrastructures de transport (aéroport, port).

Documents

– Carte : Paris, concentration de fonctions de commandement

Docs : Le grand Paris Express (pour une métropole mondiale)

– Article : Les cadres parisiens face à la métropolisation

Doc : Le statut de métropole en France (depuis 2010)