P. Victor Hugo, le républicain romantique

Voix : Lévy C. (1E)
Caricature : Alexandre B. (1A)
Texte : Mélanie P. (1A)


Écrivain et poète romantique du XIXème siècle, Victor Hugo est un auteur engagé et passionné. Chantre de la monarchie lors de ses débuts dans la politique, il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à l’élection présidentielle sous la IIe République avant de combattre ses idées politiques qu’il juge réactionnaires. Suite au coup d’Etat de 1851, Il s’exile et affirme sa franche opposition à Napoléon III qu’il surnomme « Napoléon le Petit ». Après la proclamation de la IIIe République en 1870, Victor Hugo retourne triomphalement à Paris. Figure républicaine emblématique, auteur populaire, opposé à la peine de mort, défenseur du droit des femmes et de la laïcité, il a des idées tranchées sur la société. Il s’éteint le 22 mai 1885, après 83 années de passion pour l’écriture et la politique. Victor Hugo reçoit des funérailles nationales qui sont l’occasion de célébrer la République avant d’être enterré au Panthéon.

B. La construction de l’unité allemande contre la France

1. Le développement du nationalisme allemand

Sous l’occupation du Premier Empire de Napoléon Ier, les Etats allemands (dont fait partie la Prusse) trouvent une cause commune : chasser les Français. Le rôle des troupes prussiennes dans la bataille de Waterloo (1815) qui met définitivement fin à la domination française renforce le sentiment nationaliste allemand.

Suite au Congrès de Vienne (1815), les Etats allemands sont réunis au sein d’une confédération germanique qui inclut des territoires autrichiens et prussiens. Si la confédération est dominée par l’Autriche de Metternich, l’influence de la Prusse progresse.

Source : lhistoire.fr

En 1834, l’instauration d’une union commerciale et douanière (Zollverein) marque une étape vers l’unification allemande dans laquelle la Prusse joue un rôle moteur.

La révolution de Mars de 1848 qui touche les Etats allemands porte l’idée de l’unité allemande. Mais le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV, craignant la réaction de l’Autriche et refusant l’idée de tenir sa légitimité d’élus du peuple, refuse la couronne impériale qui lui est proposée par le Parlement de Francfort : la tentative d’unité politique est un échec.

Sous l’impulsion de Radowitz, partisan de l’unification allemande, l’Union d’Erfurt propose en 1849 de réunir des Etats allemands autour de la Prusse en excluant l’Autriche. Cette tentative se solde également par un échec sous la pression de l’Autriche (Conférence d’Olmütz, 1850).

Ecoute la leçon (lue par Yslène, 1G)

2. L’unification par la guerre

Le milieu du XIXe siècle voit émerger la puissance économique et militaire de la Prusse, grâce notamment à l’industrialisation. C’est dans ce contexte qu’en 1862 le roi de Prusse Guillaume Ier nomme Otto von Bismarck, conservateur pragmatique, au poste de chancelier. Bismarck a pour objectif de mener à bien l’unité allemande autour de la Prusse seule par tous les moyens, y compris la guerre.

Bismarck.

En 1864, à l’issue d’une guerre contre le Danemark, la Prusse prend le contrôle des duchés germanophones de Schleswig et d’Holstein (Nord de la confédération germanique) aux côtés de l’Autriche. Il est convenu que les deux puissances victorieuses se partagent la gestion des duchés mais la Prusse annexe le duché d’Holstein en 1866 dans le but de provoquer l’Autriche.

Avant de précipiter la guerre contre l’Autriche, Bismarck, en fin diplomate, s’est assuré de la neutralité de la France de Napoléon III (entrevue de Biarritz, 1865) et du soutien du royaume de Sardaigne qui souhaite prendre la Vénétie aux Autrichiens.

En 1866, la guerre austro-prussienne se solde par la défaite rapide de l’Autriche qui est écrasée à Sadowa (3 juillet 1866) et révèle la puissance militaire de la Prusse. La Confédération germanique est dissoute. Elle est remplacée en 1867 par la Confédération de l’Allemagne du Nord, dominée par la Prusse et qui exclut l’Autriche et les États du sud de l’Allemagne.

Ecoute la leçon (lue par Yildiz, 1D)

3. La défaite française et l’unité allemande

Napoléon III tente en vain de faire obstacle à l’unité allemande en favorisant la création d’une Confédération des Etats allemands du Sud, hostiles à la Prusse malgré leur dépendance au puissant royaume allemand.

L’opposition de Napoléon III à l’accession d’un prince prussien au trône d’Espagne va servir les intérêts du chancelier allemand. En juillet 1870, Bismarck fait diffuser une version alarmiste d’un télégramme de Guillaume Ier qui exprime en réalité simplement son refus de se plier aux exigences de l’empereur français de ne plus proposer de candidat au trône d’Espagne : c’est la dépêche d’Ems. La ruse de Bismarck attise la colère de l’opinion publique française et précipite la déclaration de guerre de la France contre la Prusse (19 juillet 1870).

La guerre franco-prussienne est une aubaine pour Bismarck qui est sûr de la supériorité militaire de la Prusse. De plus, il espère une coalition des Etats allemands contre l’adversaire français. En face, l’armée française est mal préparée, mal équipée, mal commandée et elle ne peut compter sur le soutien des Etats allemands du Sud. La déroute de la France prend fin avec la capitulation à Sedan le 1er septembre 1870 et l’humiliante capture de Napoléon III qui entraîne la chute du Second Empire.

La victoire prussienne concrétise l’unification allemande : un nouvel Empire allemand (Reich) qui regroupe les Etats allemands, avec à sa tête le roi de Prusse Guillaume Ier, est proclamé le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Le traité de Francfort (10 mai 1871) impose à la France une indemnité de guerre (cinq milliards de francs-or) et annexe l’Alsace et une partie de la Lorraine (sans le consentement des populations) au profit de l’Empire allemand.

Source : Wikipédia.

Ecoute la leçon (lue par Sajaline, 1A)


Le schéma-bilan : L’unité allemande


Le QUIZ ! (en 60 secondes)


Documents

Carte : La construction de l’unité allemande

PPO : Bismarck et la proclamation du Reich

A. Le rôle de la France dans la construction de l’unité italienne

1. La montée d’un sentiment national italien

En 1848, la péninsule italienne est morcelée en plusieurs territoires à l’organisation politique variée : des Etats indépendants (duchés de Parme, Toscane et Modène) au centre, les Etats pontificaux (= contrôlés par l’Eglise) autour de Rome, le royaume des Deux-Siciles (=monarchie absolue) au Sud, le royaume de Sardaigne ou Piémont-Sardaigne (= monarchie constitutionnelle) à l’Ouest et enfin des territoires contrôlés par l’Autriche au Nord (Lombardie et Vénétie).

Pourtant un sentiment national italien se développe fortement depuis le début du XIXe siècle et avec lui une demande de libertés et la volonté d’une unité nationale (= tous les Italiens réunis dans un seul Etat) : c’est le Risorgimento. Cet élan national s’exprime avec force à l’occasion du Printemps de peuples (1848-1849) : une première guerre d’indépendance est menée, en vain, par le royaume sarde contre l’Autriche. La répression autrichienne sonne le retour à l’ordre et pousse le roi de Sardaigne Charles Albert à abdiquer au profit de son fils Victor-Emmanuel II.

Le royaume de Sardaigne, monarchie constitutionnelle, reste néanmoins le foyer de l’espoir du Risorgimento comme l’illustre la nomination du comte de Cavour, partisan de l’unité italienne, au poste de président du Conseil par Victor-Emmanuel II en 1852.

Ecoute la leçon (lue par Justine, 1A)

2. Le soutien diplomatique et militaire de la France

Le comte de Cavour cherche des soutiens diplomatiques pour mener à bien le projet d’unification italienne sous l’impulsion du royaume de Sardaigne contre les intérêts de l’Autriche (Lombardie et Vénétie). Alors que le Royaume-Uni affirme sa neutralité, la France accepte une alliance avec le royaume de Sardaigne. En effet, Napoléon III, proche des carbonari dans sa jeunesse, défend le principe de l’unité italienne et y voit aussi un moyen de replacer la France dans le jeu diplomatique des puissances européennes.

Le rapprochement entre la France et l’Italie se concrétise avec la rencontre secrète entre Cavour et Napoléon III à Plombières-les-bains, dans l’Est de la France, le 21 juillet 1858. La France s’engage alors à venir en aide au royaume de Sardaigne en cas d’agression autrichienne. En contrepartie, la Sardaigne devra céder le duché de Savoie et le comté de Nice à la France et garantir le pouvoir temporel du Pape sur les Etats pontificaux. En effet, dans une France majoritairement catholique, Napoléon III ne tient pas à froisser la frange royaliste de ses appuis politiques.

En avril 1859, en réaction aux provocations du gouvernement sarde, l’Autriche entre en guerre contre le royaume de Sardaigne (deuxième guerre d’indépendance). Conformément aux accords de Plombières, la France intervient aux côtés de la Sardaigne mais les troupes franco-sardes battent les Autrichiens au prix de lourdes pertes humaines (batailles de Magenta et de Solférino). Napoléon III qui doit faire face à une opinion publique de plus en plus hostile à la guerre négocie l’armistice avec l’Autriche à Villafranca.

Finalement, la Lombardie est annexée par le royaume de Sardaigne mais la Vénétie reste sous le contrôle de l’Autriche (traité de Zurich, 1859). Le duché de Savoie et le comté de Nice sont rattachés à la France (traité de Turin, 1860).

Ecoute la leçon (lue par Christia, 1A)

3. Vers l’unité italienne

En 1860, les Etats indépendants italiens (duchés de Parme, Toscane et Modène) sont annexés par le Royaume de Sardaigne avec la bénédiction de Napoléon III.

En mai 1860, une armée de « patriotes » menée par Garibaldi, fervent partisan de l’unité italienne, avec le soutien secret de Victor-Emmanuel II, prend le contrôle de la Sicile puis de Naples : c’est l’expédition des Mille. Après avoir ainsi conquis le royaume des Deux-Siciles, les Mille marchent sur Rome. Cavour décide d’envahir les Etats pontificaux du Nord (Ombrie, Marches) pour arrêter la progression de Garibaldi et éviter ainsi de contrarier la France qui soutient le Pape et Rome.

Timbre italien commémorant les 150 ans de l’expédition des Milles.

Le 17 mars 1861, le royaume d’Italie (= monarchie constitutionnelle libérale) est proclamé avec à sa tête Victor-Emmanuel II. L’unité italienne est presque achevée : Rome et la Vénétie restent encore en dehors du royaume d’Italie.

En 1866, l’issue favorable d’une guerre contre l’Autriche (troisième guerre d’indépendance) grâce à l’aide de la France et de la Prusse permet au royaume d’Italie d’annexer la Vénétie.

La France fait obstacle à l’intégration de Rome au royaume d’Italie. La tentative de Garibaldi de prendre l’Etat pontifical se solde par un échec (bataille de Mentana, 1867). Toutefois, en 1870, la guerre entre la France et la Prusse (et la défaite française) précipite l’ultime étape de l’unité italienne. Les troupes françaises sont rappelées et Rome, sans la protection française, passe alors sous le contrôle du royaume d’Italie qui en fait sa capitale.

Ecoute la leçon (lue par Sajaline, 1A)


Le schéma-bilan : L’unité italienne


Vocabulaire

Etats pontificaux : territoires du centre de l’Italie contrôlés par le Pape depuis de Moyen Âge.

Expédition des Mille : conquête du royaume des Deux-Siciles par un groupe de patriotes italiens menés par Garibaldi.

Risorgimento : mot italien (= « renaissance ») utilisé pour caractériser la deuxième partie du XIXe siècle qui correspond à la construction de l’unité italienne sous l’impulsion du royaume de Sardaigne.


Le QUIZ ! (en 60 secondes)


Les grandes dates

Je révise avec la frise : Vers l’unité italienne (1848-1870)

– je m’évalue : La marche vers l’unité italienne


Documents

Carte : Construction de l’unité italienne (1848-1870)

Biographies : Les personnages majeurs du Risorgimento

– Exercice : La rencontre de Plombières

Schéma-bilan : L’unité italienne

– Les grandes dates : Vers l’unité italienne (1848-1870)

DM. Travail à rendre

Les Premières, je vous propose de vous entraîner sur la « question problématisée » (E3C) en révisant vos dernières leçons d’histoire :

La feuille d’entraînement – Société française en mutation (1848-1870) [PDF classique]

Vous traiterez le sujet étape par étape, à l’aide de la feuille d’exercice.

Vous avez jusqu’à lundi 23.03 pour me transmettre votre travail sous la forme qui vous convient le mieux (OpenOffice, Word, texte simple…) par email (admin@grweb.fr) ou via Pronotes.

Si vraiment vous n’avez pas d’autre solution, vous pouvez rédiger vos réponses sur une feuille et m’envoyer la photographie (claire et lisible) de votre travail.

Bon courage !

Ps. pour celles et ceux qui maîtrisent les outils informatiques, voilà une version expérimentale de l’exercice à remplir directement sur le document :

La feuille d’exercice à remplir directement [PDF formulaire]

Attention à bien vérifier que votre outil sauvegarde vos informations avant de tout compléter ! Dans le doute, choisissez le document classique.

B. La société française en mutation

1. Une France encore rurale

Le dossier pour construire ta leçon :
Une France encore rurale (1848-1870) [PDF]

La leçon

Vers le milieu du XIXe siècle, la population française vit très majoritairement à la campagne. En 1866, 69,5 % des Français sont des ruraux et 51,1 % de la population active vit de l’agriculture.

Sous le Second Empire, les progrès de l’agriculture se renforcent (fertilisation des terres pauvres, prairies artificielles) et les rendements s’améliorent (blé, pomme de terre, betterave…). De plus, la mécanisation se développe à l’exemple des locomobiles qui se répandent progressivement dans les campagnes.

Ces progrès améliorent la productivité et poussent les ruraux les moins qualifiés et les plus pauvres à quitter la campagne pour rejoindre les villes où la demande de main d’œuvre augmente avec l’industrialisation : c’est l’exode rural. Dans ce contexte, les conditions de vie des habitants de la campagne s’améliorent (augmentation des salaires, progrès de l’alimentation…) même si elles demeurent encore globalement difficiles.

Autre progrès, les campagnes françaises se politisent grâce au suffrage universel masculin qui donne le droit de vote aux paysans sans conditions de moyens et favorise ainsi l’intérêt des ruraux pour la politique à laquelle ils sont désormais partie prenante (débats, participation aux élections…).

Toutefois, la France rurale reste très conservatrice. Les ruraux sont attachés aux valeurs traditionnelles en lien notamment avec le fait religieux qui reste important dans la vie des Français du XIXe siècle, très majoritairement catholiques. L’Église a également un rôle important dans l’instruction, en particulier dans les écoles publiques de filles.

Ecoute la leçon

2. L’émergence du monde ouvrier

Le dossier pour construire ta leçon :
L’émergence d’une classe ouvrière [PDF]

La leçon

Avec l’essor de l’industrialisation au XIXe siècle, les ouvriers, catégorie sociale largement associée à la ville et à l’industrie, prennent une place de plus en plus importante dans la société.

Sous le Second Empire, les ouvriers représentent 27 % de la population active (contre 51,5 % dans l’agriculture). Si leurs conditions de vie s’améliorent (augmentation des salaires), elles restent difficiles, surtout pour les personnes seules. L’alimentation représente la moitié de leur budget, les loyers sont chers et les loisirs restent rares (le cabaret est « l’église de l’ouvrier ») sans parler des risques d’accidents liés à la mécanisation.

Face aux ouvriers, les régimes en place ont des attitudes ambiguës. Si l’instauration de la Deuxième République en février 1848 annonçait des progrès sociaux en faveur du monde ouvrier (limitation du temps de travail, Ateliers nationaux), la répression violente en réaction aux Journées de juin est une désillusion pour les ouvriers français. Sous le Second Empire, Napoléon III a conscience des difficultés du monde ouvrier et de la nécessité d’y répondre notamment pour limiter les risques de révolutions. Il prend des initiatives teintées de paternalisme dans ce sens (patronage de crèche ou d’asiles ouvriers) et ouvre même la voie à un droit de grève encadré avec la loi Ollivier de 1864. Toutefois, ces progrès sociaux n’empêchent pas le régime de réprimer les mouvements sociaux (grèves du Creusot en 1870).

Dans ce contexte, les ouvriers prennent progressivement conscience de former une classe sociale à part entière. Pourtant, les ouvriers ne constituent pas un groupe homogène : il existe une très grande diversité de métiers ouvriers (journaliers, ouvriers spécialisés…). Cependant, ils connaissent pour la plupart les mêmes conditions difficiles d’existence et partagent souvent les mêmes revendications (Manifeste des soixante). Portée par des intérêts communs, une classe ouvrière émerge ainsi au milieu du XIXe siècle et va constituer un mouvement de plus en plus structuré et politisé, à l’image de l’Association internationale des travailleurs (1864) qui pousse à l’agitation sociale à la faveur de certaines lois libérales du Seconde Empire (loi Ollivier).

Ecoute la leçon (lue par Sajaline, 1A)

3. La bourgeoisie, nouvelle élite économique, politique et sociale.

Le dossier pour construire ta leçon :
La bourgeoisie, nouvelle élite économique et politique [PDF]

La leçon

A partir du milieu du XIXe siècle, les élites traditionnelles (aristocratie) cèdent progressivement la place à une nouvelle élite économique, politique et sociale : la bourgeoisie.

L’industrialisation et l’extension du marché liée au développement du réseau ferroviaire, à la révolution du crédit et au libre-échangisme (Traité Cobden-Chevalier de 1860) sous le Seconde Empire créent un contexte favorable aux affaires. Les hommes d’affaires, symboles de l’élite bourgeoise, constituent d’énormes fortunes (James de Rothschild) et bâtissent ou consolident des empires industriels à la faveur de « beaux mariages » (homogamie voire endogamie). Pourtant, l’influence des grands patrons du Second Empire dépasse largement le cercle des affaires : ils ont un rôle de plus en plus grand dans la politique, à l’exemple d’Eugène Schneider, patron d’une grande entreprise au Creusot qui est maire, député et ministre.

Dans la société, cette bourgeoisie dont l’influence est croissante, n’est pas pour autant homogène. Il faut distinguer la très haute bourgeoisie, nouvelle élite dirigeante, des autres : les « bons » (négociants, industriels…), les « moyens » (médecins, notaires, avocats…) et les « petits » bourgeois (artisans aisés, petits fonctionnaires). Malgré tout, les bourgeois ont en commun la volonté d’adopter un mode de vie parfois tape-à-l’œil qui les distingue du peuple. L’argent, la culture (musique, littérature), un grand logement, des vêtements élégants sont autant de caractéristiques qui permettent à la bourgeoisie d’affirmer sa place privilégiée dans la société. Dans sa quête de nouveaux loisirs et à la faveur du développement du chemin de fer, la bourgeoisie urbaine participe ainsi à l’essor d’un tourisme balnéaire : c’est la grande mode des stations balnéaires, aménagées sur le littoral.

Ecoute la leçon (lue par Frédéric, 1E)


Le schéma-bilan de la leçon : « La société française en mutation »


Documents

– activité PPO : Les frères Pereire, acteurs de la modernisation économique [PDF]

– activité PPO : Le droit de grève : 25 mai 1864 [PDF]

– Entraînement BAC : La société française en mutation

Les dossiers de la semaine

Les Premières, voilà les dossiers de cours qui vous serviront de base pour la construction des vos savoirs cette semaine.

Vous aurez 2 séances pour lire, analyser et exploiter votre dossier en groupe avec l’aide de votre professeur. Lors de la troisième séance, votre porte-parole présentera la leçon réalisée (5 à 7 minutes par groupe).

Les résultats de vos travaux seront exploités dans l’atelier « blog » pour la mise en ligne des leçons et des outils complémentaires (quiz, vidéos, jeux…).

H2.C2.B1. : Une France encore rurale (1848-1870) [PDF]

H2.C2.B2. : L’émergence d’une classe ouvrière [PDF]

H2.C2.B3. : La bourgeoisie, nouvelle élite économique et politique [PDF]

H2.C2/PPO2 : Les frères Pereire, acteurs de la modernisation économique [PDF]

H2.C2/PPO3 : Le droit de grève : 25 mai 1864 [PDF]

– Rappel des principes de la méthode de travail en classe : savoir, savoir-faire, savoir-être [PDF]

Fiche de notation [PDF]

B. Le Seconde Empire, régime autoritaire (1852-1870)

1. Un régime autoritaire (1852-1860)

Louis-Napoléon Bonaparte s’appuie sur le plébiscite pour faire approuver son coup d’État (2 décembre 1851) mais également pour rétablir l’Empire (2 décembre 1852), montrant ainsi qu’il tire sa légitimité du peuple.

Toutefois, le Second Empire est un régime peu démocratique. La constitution donne à Napoléon III tous les pouvoirs : chef de l’exécutif, il a aussi l’initiative de la loi. De plus, les élections sont encadrées (candidatures officielles, nomination de maires…) et la presse est contrôlée.

Face à l’opposition politique, qui se manifeste avec le coup d’État de 1851, le régime choisit la répression. Plusieurs milliers d’opposants sont ainsi arrêtés, jugés puis emprisonnés ou déportés en Algérie ou en Guyane. Certains s’exilent, à l’image de Victor Hugo, et deviennent des proscrits. La répression s’accentue en 1858 suite à l’attentat d’Orsini avec la loi de sûreté générale qui vise en particulier les républicains et les socialistes.

Pour asseoir son autorité, Napoléon III peut compter sur une administration efficace : nombreux fonctionnaires acquis à sa cause (serment à l’empereur), des préfets aux pouvoirs élargis, une police renforcée.

Napoléon III joue avec les symboles pour souligner le caractère monarchique et dynastique de son régime (famille impériale, la Cour et la « fête impériale »…). Il met également en avant le prestige de la France (arts, Exposition universelle) en la modernisant (grands travaux, infrastructures) et en renouant avec des succès diplomatiques à l’international (guerre de Crimée, unité italienne…).

Le résumé en schéma :  Le 2nd Empire, un régime autoritaire

Ecoute la leçon (lue par Nicolas H., 1E)

Le QUIZ ! (en 45 secondes)

2. Une évolution libérale (1860-1870)

L’aspect autoritaire et répressif du régime de Napoléon III soulève de nombreuses critiques dans l’opinion publique. Soucieux d’assurer un avenir à sa dynastie mais également de se ménager des soutiens politiques chez une partie des républicains après son engagement au côté des nationalistes italiens (contre le pape), Napoléon III entend le peuple et s’engage dans une libéralisation du régime.

Le revirement politique débute avec une amnistie générale en faveur des condamnés politiques en 1859. Puis, progressivement, le régime lance des réformes « démocratiques » en autorisant le droit de grève (1864) et les réunions publiques (1868) ainsi qu’en relâchant le contrôle sur la presse (1868). Sur le plan des institutions, le Corps législatif est réformé et voit son rôle renforcé entre 1860 et 1869 (initiative des lois). Cette évolution ravive l’intérêt des électeurs et favorise ainsi l’entrée de députés d’opposition (¼ des députés en 1869).

La nomination d’Émile Ollivier, républicain conciliant avec l’Empire, à la tête du gouvernement en 1870 consacre l’évolution vers un régime parlementaire dans lequel les ministres sont désormais responsables devant le Corps législatif. Par le plébiscite du 8 mai 1870, les Français approuvent à plus de 80 % l’orientation libérale du 2nd Empire.

Alors que la France devient une puissance économique et que la popularité de Napoléon III reste forte, notamment dans les campagnes, la déroute contre la Prusse à Sedan en septembre 1870 donne l’occasion aux républicains de renverser le régime : la IIIe République est proclamée à Paris le 4 septembre 1870.

Le résumé en schéma :  Vers un Empire libéral

Ecoute la leçon (à venir)

Le quiz ! (en 45 secondes)


Vocabulaire

Plébiscite : vote par lequel les citoyens se prononcent pour ou contre un texte (oui / non).

Proscrit : personne bannies de leur pays pour des raisons politiques.