Intro. Métropole et urbanisation

A. Les métropoles

Métropole : agglomération qui concentre des fonctions de commandement et dont l’influence s’étend sur un territoire plus ou moins vaste (région, pays, monde).

→ Ville mondiale : ville qui rayonne dans le monde pour des raisons historiques, culturelles ou artistiques, sans nécessairement être une puissance politique et économique.

→ Mégapole : métropole d’au moins 10 millions d’habitants

Agglomération : ensemble urbain qui réunit la ville-centre et sa banlieue.

Fonctions de commandement : activités de direction dans les secteurs politique, économique, financier, logistiques culturel et scientifique qui tendent à se concentrer dans les métropoles.

Les métropoles dont les fonctions de commandement ont une influence mondiale, notamment sur le plan politique et économique, sont appelées villes globales.

B. L’urbanisation

Urbanisation : processus de croissance de la population urbaine (croissance urbaine) et d’extension des villes (étalement urbain).

→ Taux d’urbanisation : part de la population (en %) qui vit en ville.

→ Croissance urbaine : augmentation de la population des villes.
La croissance urbaine est un facteur de l’étalement urbain.

→ Étalement urbain : processus d’extension des villes vers la périphérie.
En rognant les espaces ruraux, l’étalement urbain est confronté aux enjeux environnementaux.

Transition urbaine : passage d’une population majoritairement rurale à une population majoritairement urbaine.

On estime qu’en 2007, plus de la moitié de la population mondiale vit en ville.

A. Une population mondiale de plus en plus urbaine

1. Une urbanisation à plusieurs vitesses

La population mondiale vit majoritairement dans les villes. En effet, on estime que 55 % de la population mondiale est urbaine en 2019 (68 % de la population mondiale devrait être urbaine en 2050).

Toutefois, le taux d’urbanisation est différent selon les régions du monde. D’une manière générale, les pays du Nord sont ainsi plus urbanisés (82% aux États-Unis en 2018) que les pays du Sud (34% en Inde). Il existe cependant des cas particuliers comme en Amérique du Sud (92% en Argentine). Ces disparités sont liées au niveau de développement économique et social (actuel et passé) des pays.

En Amérique, en Europe et dans certaines régions d’Asie orientale (Japon, Corée du Sud) la transition urbaine est ainsi achevée. Leur croissance urbaine est donc désormais faible.

Reste que la transition urbaine est toujours en cours dans la plupart des pays du Sud, notamment en Afrique et en Asie où la population rurale est importante. L’exode rural et l’accroissement naturel favorisent l’augmentation du nombre d’habitants dans les villes des pays du Sud (forte croissance urbaine).

Ecoute la leçon

– Le résumé en schéma : Une urbanisation à plusieurs vitesses

2. Des métropoles de plus en plus grandes

Avec la progression de l’urbanisation, liée notamment à la croissance démographique, les villes devraient être plus nombreuses et de plus en plus grandes. Selon les chiffres de l’ONU, 2,5 milliards de personnes pourraient s’ajouter aux espaces urbains d’ici 2050.

Cette urbanisation entraîne une extension des villes : l’étalement urbain. Les dynamiques de périurbanisation tendent ainsi à se généraliser dans toutes les régions du monde en particulier grâce à la démocratisation des véhicules particuliers. Cependant, l’étalement urbain doit faire face à plusieurs problématiques comme le recul des espaces agricoles, les conflits d’usages, les mobilités ou la préservation de l’environnement (impact sur la biodiversité, pollution…).

Autre conséquence de l’accélération de l’urbanisation, le nombre de mégapoles augmente dans le monde, en particulier dans les pays du Sud. Aujourd’hui, selon l’ONU, le monde compte 33 mégapoles dont la plupart se situent en Asie (20 au total dont 6 en Chine et 5 en Inde). Elles devraient être 43 en 2030. Là encore, la forte concentration de population urbaine amène les mégapoles à faire face à des difficultés liées au logement, au transport, aux infrastructures et à l’emploi. Toutefois, ces mégapoles ne concentrent « que » 7% de la population mondiale.

Ecoute la leçon

– Le résumé en schéma : Des métropoles de plus en plus grandes


Vocabulaire

Accroissement naturel : différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès.

Croissance urbaine : augmentation de la population des villes.

Étalement urbain : processus d’extension des villes vers la périphérie.

Exode rural : migration des populations de la campagne vers la ville.

Mégapole : métropole d’au moins 10 millions d’habitants.

Métropole : agglomération qui concentre des fonctions de commandement et dont l’influence s’étend sur un territoire plus ou moins vaste (région, pays, monde).

Périurbanisation : extension des surfaces « artificialisées » en périphéries des agglomérations urbaines => étalement urbain.

Taux d’urbanisation : part de la population qui vit en ville (en %).

Transition urbaine : passage d’une population majoritairement rurale à une population majoritairement urbaine.

Urbanisation : processus de croissance de la population urbaine (croissance urbaine) et d’extension des villes (étalement urbain).


Documents

Graphique : L’évolution de la population urbaine et rurale dans le monde entre 1950 et 2050

Carte : Taux d’urbanisation et mégapoles dans le monde en 2018

Graphique : Le nombre de mégapoles dans le monde (1990-2018-2030)

Graphique : Le top 10 des plus grandes métropoles mondiales (1990-2018-2030)

– Satellite : Les grandes aires urbaines mondiales vues du ciel (2016)

– Vidéo : Qu’est-ce qu’une mégapole ?

B. Les révolutions de 1848

« L’insurrection finit là où la révolution commence. »

Guiseppe Mazzini
1. Le « printemps des peuples » en Europe

L’année 1848 est marquée par un vent révolutionnaire en Europe. Des insurrections libérales et nationales se manifestent un peu partout en Europe : on parle du « printemps des peuples ».

Ces événements font écho à la révolution française de 1848. En février 1848, Paris est secouée par trois jours d’émeutes populaires (21-24 février) qui provoquent le départ de Louis-Philippe et la mise en place de la IIe République.

En mars 1848, Vienne se soulève sous la pression des bourgeois libéraux, entraînant la démission de Metternich et l’installation d’une constitution. Dans ce contexte, l’Autriche doit faire face à une révolte en Hongrie et à l’émancipation de la ville italienne de Milan.

En Prusse, le roi fait des concessions (liberté de la presse, réformes) et accorde une constitution à son peuple.

Dans les États allemands, les révolutionnaires qui souhaitent une politique plus libérale et l’unité nationale, obtiennent la création d’une assemblée nationale constituante (Constitution de Francfort).

Dans le prolongement de ces événements, la République est proclamée à Rome (Mazzini) en 1849.

Ecoute la leçon (lue par Yildiz, 1D)

Yildiz, 1D

Le résumé en schéma : Le « printemps des peuples » en Europe

2. Le retour à l’ordre

Les espoirs nés avec les révolutions de 1848 sont rapidement contrariés : les souverains européens mènent une répression violente avec l’objectif d’un retour à l’ordre.

Les Habsbourg reprennent le contrôle de l’Autriche et rétablissent l’ordre dans les États italiens (Sicile, Naples, Lombardie-Vénétie) sous la baguette du maréchal Radetzky.

En Hongrie, l’intervention autrichienne soutenue par la Russie met fin à l’expérience révolutionnaire.

Le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, contrarie le plan d’une unité allemande en refusant la couronne d’Allemagne émanant d’un mouvement populaire.

La France, qui est pourtant désormais une république, réprime durement une révolte ouvrière en juin et mène une expédition militaire contre une autre république, celle de Rome (Mazzini).

L’issue du « printemps des peuples » est une nouvelle déception pour les partisans des idées libérales. Cependant, les aspirations libérales subsistent et circulent toujours en Europe notamment avec l’influence des exilés politiques (Kossuth).

Ecoute la leçon (lue par Sajaline, 1A)

Sajaline, 1A.

Le résumé en schéma : Le retour à l’ordre suite aux révolutions de 1848


Documents

Ecoute active : La Révolution française de février 1848

A. Des idées contestataires persistantes

1. Le refus des réformes libérales en France

En France, la mise en place de la monarchie de Juillet avec Louis-Philippe en 1830 est une victoire de la bourgeoisie et ouvre la voie au modèle libéral. Pourtant, les réformes politiques attendues par les orléanistes modérés (Parti du Mouvement mené par Adolphe Thiers) pour avancer vers un régime plus démocratique (réformes électorales) n’ont pas lieu.

Dès 1831, les orléanistes conservateurs (Parti de la Résistance) sous l’influence de Guizot sont au pouvoir. Pour eux, la Charte de 1830 est suffisante en matière d’ouverture. Le gouvernement conservateur mis en place favorise les propriétaires et les notables et refuse d’engager des réformes politiques. L’idée du suffrage universel direct réclamé par les Républicains est écartée.

Avec le souci de maintenir l’ordre, les soulèvements républicains (1832) et populaires (révolte des canuts à Lyon) sont réprimés.

Sur le plan des libertés, des lois durcissent les libertés d’association (1834) et de la presse (1835).

Le suffrage censitaire exclut de facto une grande partie de la population (femmes, ouvriers et paysans).

Ecoute la leçon (lue par ton professeur)

Le résumé en schéma : Le refus des réformes libérales en France

2. Esprit libéral et mutations sociales en Europe

Malgré la répression des mouvements des années 1820 et 1830, les revendications subsistent. Elles sont notamment portées par les réfugiés politiques originaires des États où les soulèvements ont échoué. Ces exilés participent ainsi à la circulation des idées en Europe, à l’image de l’italien Guiseppe Mazzini, figure des carbonari, qui fonde le mouvement nationaliste européen « Jeune Europe » en Suisse en 1834.

En France, les Trois Glorieuses entraînent l’instauration d’une monarchie en apparence libérale mais elle déçoit rapidement les réformistes.

Parallèlement à cette effervescence politique, le contexte économique et social se transforme. Dans les villes, les débuts de l’industrialisation associée à la concentration ouvrière causent l’affaiblissement des conditions de vie des ouvriers (textile) et creusent les inégalités sociales : on parle alors de paupérisme. Cette évolution participe au développement des nouvelles idées politiques comme le socialisme.

Enfin, la crise économique qui frappe l’Europe en 1846 va aggraver les tensions.

Ecoute la leçon (lue par Sherda, 1G)

Sherda, 1G.

Le résumé en schéma : Esprit libéral et mutations sociales en Europe


Vocabulaire

Monarchie de Juillet : nom donné à la période correspondant au règne de Louis-Philippe (1830-1848), roi de Français installé sur le trône à l’issu des Trois Glorieuses (juillet 1830).

Paupérisme : état de grande pauvreté d’une population.

Réformistes : personnes favorables à des réformes politiques ou sociales.

Socialisme : idéologie qui apparaît au XIXe siècle en réaction aux inégalités sociales dans la société et qui propose un nouveau modèle politique, économique et social plus juste et équitable entre les individus.

Documents

– étude de document : La critique de la Monarchie de Juillet (1830-1848)