B. Le Seconde Empire, régime autoritaire (1852-1870)

1. Un régime autoritaire (1852-1860)

Louis-Napoléon Bonaparte s’appuie sur le plébiscite pour faire approuver son coup d’État (2 décembre 1851) mais également pour rétablir l’Empire (2 décembre 1852), montrant ainsi qu’il tire sa légitimité du peuple.

Toutefois, le Second Empire est un régime peu démocratique. La constitution donne à Napoléon III tous les pouvoirs : chef de l’exécutif, il a aussi l’initiative de la loi. De plus, les élections sont encadrées (candidatures officielles, nomination de maires…) et la presse est contrôlée.

Face à l’opposition politique, qui se manifeste avec le coup d’État de 1851, le régime choisit la répression. Plusieurs milliers d’opposants sont ainsi arrêtés, jugés puis emprisonnés ou déportés en Algérie ou en Guyane. Certains s’exilent, à l’image de Victor Hugo, et deviennent des proscrits. La répression s’accentue en 1858 suite à l’attentat d’Orsini avec la loi de sûreté générale qui vise en particulier les républicains et les socialistes.

Pour asseoir son autorité, Napoléon III peut compter sur une administration efficace : nombreux fonctionnaires acquis à sa cause (serment à l’empereur), des préfets aux pouvoirs élargis, une police renforcée.

Napoléon III joue avec les symboles pour souligner le caractère monarchique et dynastique de son régime (famille impériale, la Cour et la « fête impériale »…). Il met également en avant le prestige de la France (arts, Exposition universelle) en la modernisant (grands travaux, infrastructures) et en renouant avec des succès diplomatiques à l’international (guerre de Crimée, unité italienne…).

Le résumé en schéma :  Le 2nd Empire, un régime autoritaire

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2. Une évolution libérale (1860-1870)

L’aspect autoritaire et répressif du régime de Napoléon III soulève de nombreuses critiques dans l’opinion publique. Soucieux d’assurer un avenir à sa dynastie mais également de se ménager des soutiens politiques chez une partie des républicains après son engagement au côté des nationalistes italiens (contre le pape), Napoléon III entend le peuple et s’engage dans une libéralisation du régime.

Le revirement politique débute avec une amnistie générale en faveur des condamnés politiques en 1859. Puis, progressivement, le régime lance des réformes « démocratiques » en autorisant le droit de grève (1864) et les réunions publiques (1868) ainsi qu’en relâchant le contrôle sur la presse (1868). Sur le plan des institutions, le Corps législatif est réformé et voit son rôle renforcé entre 1860 et 1869 (initiative des lois). Cette évolution ravive l’intérêt des électeurs et favorise ainsi l’entrée de députés d’opposition (¼ des députés en 1869).

La nomination d’Émile Ollivier, républicain conciliant avec l’Empire, à la tête du gouvernement en 1870 consacre l’évolution vers un régime parlementaire dans lequel les ministres sont désormais responsables devant le Corps législatif. Par le plébiscite du 8 mai 1870, les Français approuvent à plus de 80 % l’orientation libérale du 2nd Empire.

Alors que la France devient une puissance économique et que la popularité de Napoléon III reste forte, notamment dans les campagnes, la déroute contre la Prusse à Sedan en septembre 1870 donne l’occasion aux républicains de renverser le régime : la IIIe République est proclamée à Paris le 4 septembre 1870.

Le résumé en schéma :  Vers un Empire libéral

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Vocabulaire

Plébiscite : vote par lequel les citoyens se prononcent pour ou contre un texte (oui / non).

Proscrit : personne bannies de leur pays pour des raisons politiques.

A. La IIe République, des idéaux à l’échec (1848-1851)

« Le gouvernement actuel de la France est le gouvernement républicain ! ».

Alphonse de Lamartine, 1848.
1. Une démocratie porteuse d’espoirs

Le 24 février 1848 marque la fin de la monarchie de Juillet et le début de la IIe République, portée par un gouvernement provisoire dont Lamartine, poète et député républicain, se fait le chantre.

La IIe République nourrit beaucoup d’espoirs chez les Républicains qui prennent rapidement de nombreuses décisions importantes : l’abolition de la peine de mort pour les prisonniers politiques (27 février), la garantie de la liberté de la presse et de réunion (4 mars), l’adoption du suffrage universel masculin (5 mars), qui rend sa souveraineté au peuple (sauf aux femmes), et l’abolition de l’esclavage (27 avril 1848), ardemment défendue par Schoelcher au nom du principe d’égalité.

Sur le plan de l’organisation politique, la Constitution du 4 novembre affirme la séparation des pouvoirs : le pouvoir législatif est confié à l’Assemblée nationale tandis que le pouvoir exécutif revient au Président de la République.

Des mesures sociales sont également prises : création des Ateliers nationaux afin de donner du travail aux chômeurs parisiens et limitation de la durée de la journée de travail (loi des 10 heures).

Le résumé en schéma : Les espoirs portés par la IIe République

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2. Des tensions qui mènent à l’échec

Les limites de l’idéal démocratique et social de la IIe République laissent apparaître des tensions qui finissent par enterrer la République.

Alors qu’elles ont été actrices de la révolution de février 1848, les femmes ne sont toujours pas les égales des hommes sous la IIe République (suffrage universel masculin). Des figures féminines manifestent alors des revendications en faveur de l’émancipation des femmes (« clubs de femmes », journaux féminins comme La voix des femmes), à l’image de George Sand.

Tandis que la crise économique et sociale persiste, l’Assemblée nationale décide la fermeture des Ateliers nationaux jugés trop coûteux (21 juin 1848). En réaction, des barricades sont érigées à Paris (Journées de Juin). La révolte est réprimée dans le sang : c’est la désillusion dans le monde ouvrier.

Cet épisode est l’expression de divisions de plus en plus fortes. D’une part sur le plan idéologique (vision libérale/vision socialiste) mais aussi sur le plan sociétal (ville en effervescence/campagnes traditionnelles). La victoire du parti de l’Ordre aux élection de mai 1849 marque le basculement vers une République conservatrice qui va restreindre les libertés (1849 et 1850) et la démocratie (loi du 31 mai 1850 limitant le suffrage universel).

Premier président élu, Louis-Napoléon Bonaparte s’oppose à l’Assemblée qui lui refuse la possibilité de se représenter pour un deuxième mandat. Il organise alors un coup d’État (2 décembre 1851) avec le soutien de l’armée.

Le résumé en schéma : Une République sous tension

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Documents

Personnage de l’Histoire : Lamartine

PPO : Lamartine, chantre de la République

B. La place des villes petites et moyennes dans la métropolisation

1. La fragilisation des villes petites et moyennes

La France compte un grand nombre de villes petites (5 000 à 20 000 habitants) et moyennes (20 000 à 200 000 habitants). Plus de la moitié de la population française vit dans une ville de moins de 100 000 habitants.

Peu attractives, souvent affectées par la désindustrialisation, certaines de ces villes connaissent un taux de chômage élevé et manque de moyens, en particulier dans le Nord et l’Est de la France. Elles sont également touchées par le recul des services publics (hôpitaux, tribunaux, poste…). L’activité se déplace dans les espaces périurbains (centres commerciaux, lotissements) et affaiblit les centres-villes qui se désertifient (friches commerciales).

Les villes petites et moyennes sont généralement en marge de la métropolisation qui tend à favoriser la concentration des activités, des personnes et des richesses dans les grandes villes au détriment des autres.

Pourtant, l’interaction entre les métropoles régionales et les villes alentour peuvent créer des dynamiques positives à l’image du pôle de compétitivité Aerospace Valley. De plus, certaines villes peuvent profiter des réseaux de communication et de transport de la métropole dont elle dépend.

L’État met aussi en place des politiques en faveur des villes petites et moyennes (plans d’aménagement, installation d’université dans les villes moyennes, plan « Action Cœur de Ville ») afin améliorer l’attractivité et les conditions de vie des habitants des villes petites et moyennes.

2. Des trajectoires variées

Les ville petites et moyennes présentent des situations diverses. Si certaines villes s’intègrent à la dynamique de leur métropole, avec plus ou moins de succès, d’autres plus isolées se cantonnent à un rôle de relais de services publics sans grand dynamisme économique.

Certaines villes petites et moyennes sont dynamiques à l’échelle locale car elles ne subissent pas la concurrence des métropoles. On y trouve des services publics, des commerces et de l’emploi lié aux industries implantées sur leur territoire. Par exemple, Annecy présente un fort dynamisme commercial.

D’autres villes petites et moyennes profitent du dynamisme des métropoles en développant des activités économiques qui viennent compléter l’offre des grands centres urbains. Par exemple, Agen profite du dynamisme de l’Aerospace Valley (Toulouse-Bordeaux).

Toutefois, certaines villes restent exclues de la métropolisation. Ce sont généralement des villes qui sont trop éloignées des métropoles et/ou qui souvent souffrent des effets de la crise industrielle. Par exemple, Charleville-Mézières, située en Metz et Lille, n’est pas attractive et connait une perte d’emplois.


Documents

– Vidéo : Lutter contre la désertification des centres-villes (friches commerciales)

-Un pôle de compétitivité : L’Aerospace Valley

– Action de l’Etat : Plan « action coeur de Ville » (2018)

Metropolis : localisez les métropoles mondiales

Testez vos connaissances sur les métropoles mondiales avec Metropolis : l’application Metropolis (v.065 bêta) [zoom]

PS. n’hésitez pas à me remonter les bugs ou les améliorations possibles.

A venir :
– extension « Métropoles françaises »
– cartes d’identité des métropoles mondiales
– améliorations diverses
(« nommez la métropole »)

A. Le poids croissant des métropoles en France

1. Paris, capitale et ville mondiale

Seule ville mondiale française, Paris domine le territoire national.

La métropole parisienne est l’illustration du phénomène de métropolisation. Avec plus de 12 millions d’habitants, c’est une mégapole qui rassemble 19% de la population du pays. De plus, Paris concentre toutes les fonctions de commandement. Capitale politique, c’est aussi le lieu du pouvoir économique et financier (La Défense), de la recherche scientifique (Saclay) et de la culture (Le Louvres). Paris concentre ainsi 30 % du PIB national et La Défense, son quartier d’affaires, accueille de plus en plus de sièges sociaux de FTN du monde entier.

Paris est fortement ancrée dans la mondialisation grâce à ses infrastructures de communication qui connectent la France au reste du monde. Avec ses deux aéroports internationaux (plus de 99 millions de passagers en 2019 pour Orly et Roissy) et ses quatre gares TGV qui desservent la France et l’Europe, Paris est un hub.

Paris est un pôle d’activité incontournable et premier bassin d’emploi européen. Espace parmi les plus attractifs d’Europe en termes d’investissement (IDE), Paris reçoit le soutien des politiques publiques (Métropole du Grand Paris) dans la concurrence entre métropoles mondiales.

Toutefois, Paris perd des habitants. Nombreux sont ses cadres qui envisagent de quitter la métropole en quête d’une meilleure qualité de vie.

– Le résumé en schéma : Paris, capitale et ville mondiale

2. Les métropoles régionales se renforcent

Les métropoles régionales françaises sont incomplètes. Elles ne peuvent pas rivaliser avec Paris et leur influence est souvent limitée à l’échelle régionale.

Métropoles secondaires, elles restent cependant des pôles d’attractivité au sein des régions qu’elles structurent. Elles accueillent une population importante : 25% de la population nationale habite dans les 15 premières métropoles françaises. Ce sont également des bassins d’emplois qui concentrent les activités de haut niveau (entreprises de haute technologie, commerces spécialisés) et les services supérieurs (hôpitaux, universités).

Toutefois, l’attractivité des métropoles régionales est inégale. Bien connectées aux réseaux de communications, bénéficiant souvent d’un cadre de vie plutôt agréable (climat, littoral), les métropoles de l’Ouest et du Sud sont les plus dynamiques. Au contraire, les métropoles du Nord, de l’Est et du Centre qui ont subi la crise industrielle sont moins attractives que celles du littoral.

Les métropoles régionales françaises cherchent à améliorer leur attractivité à l’échelle européenne. Avec l’aide de l’État, elles se restructurent (statut de Métropole créé en 2010), gagnant ainsi des compétences, notamment économiques. Les métropoles régionales développent des pôles d’activités de haut niveau à l’image du quartier d’affaires Eurallile à Lille ou de l’extension de la technopole Toulousaine (Enova). Afin de mettre en avant leurs atouts, elles ont recours au marketing territorial.


Vocabulaire

Hub : nœud reliant un territoire au réseau mondial grâce à des infrastructures de transport (aéroport, port).

Documents

– Carte : Paris, concentration de fonctions de commandement

Docs : Le grand Paris Express (pour une métropole mondiale)

– Article : Les cadres parisiens face à la métropolisation

Doc : Le statut de métropole en France (depuis 2010)