A. Des métropoles en recomposition

1. L’étalement urbain et l’apparition de centres secondaires

La métropolisation accélère et renforce l’étalement urbain. La croissance urbaine et les flux de migrations favorisés par l’attractivité des métropoles (emploi, services…) entraînent une augmentation de la population et des besoins.

L’inflation des prix de l’immobilier dans les centres-villes ou le choix de logements plus adaptés à leurs envies (habitat pavillonnaire) poussent de nombreux habitants en périphérie (périurbanisation).

L’étalement urbain a de fortes conséquences sur les mobilités urbaines. Les déplacements urbains s’intensifient et sont de plus en plus longs provoquant une congestion des axes routiers (= embouteillages).

La concentration de population s’accompagne du développement d’infrastructures gourmandes en espace. La saturation des centres-villes favorise l’implantation de zones industrielles et commerciales en périphérie, à proximité des axes de communication (autoroutes, aéroports…). Des centres commerciaux, des quartiers d’affaires et des technopoles (Paris-Saclay) apparaissent ainsi en périphérie. Les entreprises d’un même secteur économique s’y regroupent et forment alors un cluster (Silicon Valley).

Cette transformation de l’espace périurbain se traduit par l’apparition de centres secondaires appelés edge cities.

Ecoute la leçon (lue par Shaïna, 1E)

2. La formation de régions métropolitaines

Les grandes métropoles peuvent avoir une influence sur un territoire plus ou moins vaste, au-delà des limites de l’espace périurbain. L’aire d’influence et de rayonnement d’une métropole est alors constituée de la métropole-centre, de sa périphérie et de son arrière-pays : c’est la région métropolitaine.

Les régions métropolitaines concentrent une très grande population à l’exemple de la région métropolitaine de Shanghai (Delta du Yangzi Jiang), en Chine, qui concentre 83 millions d’habitants en zone urbaine.

Ce sont également des territoires dont le fonctionnement est polycentrique : l’espace s’organise autour de plusieurs pôles hiérarchisés. C’est ainsi le cas de la région métropolitaine de Hong Kong / Guangzhou sur le delta de la Rivière des Perles en Chine.

Les régions métropolitaines les plus importantes sont appelées mégalopoles. Elles regroupent plusieurs métropoles et villes secondaires sur un territoire de plusieurs centaines de kilomètres. Elles concentrent des dizaines de millions d’habitants et cumulent toutes les fonctions de commandement à l’échelle mondiale. Les trois principales mégalopoles mondiales sont : la mégalopole américaine (axe Boston-Washington), la mégalopole européenne (axe Londres-Paris-Milan) et la mégalopole japonaise (Tokyo-Nagoya-Osaka).

Ecoute la leçon (lue par Méranise, 1E)


Vocabulaire

Cluster : concentration d’entreprises appartenant à un même secteur d’activités et qui mutualisent leurs infrastructures.

Edge city (ville-lisière) : centre secondaire récent souvent situés près des aéroports et des échangeurs autoroutiers.

Mégalopole : ensemble urbain constitué de plusieurs métropoles qui forme d’ immenses régions métropolitaines.

Région métropolitaine : aire d’influence et de rayonnement d’une métropole, composée de la métropole-centre, de ses périphéries et de son arrière-pays.

B. La métropolisation en marche

1. La concentration des fonctions et des activités

Les métropoles concentrent des centres décisionnels dans les domaines économiques (sièges sociaux de FTN, places boursières), culturels (musée), scientifiques (universités, centres de recherche) et politiques (sièges d’institutions nationales et internationales, ambassades).

Les fonctions métropolitaines sont souvent associées à des quartiers spécifiques. Les technopoles (Sillicon Valley à San Francisco, Paris-Saclay) polarisent les activités scientifiques tandis que les quartiers d’affaires (La City à Londres, Marunouchi à Tokyo) sont des espaces financiers dynamiques.

Les grandes métropoles des pays développés offrent des avantages aux entreprises : grands bassins d’emploi avec une main d’œuvre qualifiée et des infrastructures de qualité. Ce sont des lieux de production de richesse (PUB) qui rivalisent parfois avec les États (PUB de New York > PIB Espagne).

Les grandes métropoles sont aussi des nœuds de communication majeurs (aéroports internationaux, ports) qui captent ainsi les flux (population, capitaux) de la mondialisation. Interconnectées, elles pèsent fortement sur l’économie mondiale : on parle d’archipel métropolitain mondial.

Enfin, les métropoles les plus importantes accueillent des événements planétaires (coupe du monde, JO), qui participent à leur rayonnement, et sont souvent des destinations du tourisme international (Paris, New-York).

Cette concentration des activités et des richesses associée à la croissance urbaine s’appelle la métropolisation.

Ecoute la leçon

– Le résumé en schéma : Lien métropolisation/mondialisation

2. Hiérarchie et compétition entre les métropoles

Les métropoles ont une influence politique et économique à l’échelle nationale. Parfois des capitales politiques sont surclassées par des métropoles qui prennent alors le rang de « capitales économiques » (Sao Paulo, Shanghai).

Toutefois, le rayonnement des métropoles à l’échelle mondiale est inégal. En effet, c’est le poids des fonctions de commandement et la richesse produite qui déterminent la puissance d’une métropole. Certaines mégapoles des pays du Sud (Dacca au Bangladesh) ont ainsi un rayonnement limité.

En réalité, les métropoles qui concentrent toutes les fonctions de commandement (New-York, Londres, Paris) sont peu nombreuses. Certaines métropoles ne présentent des fonctions de commandement que dans quelques domaines d’activité : ce sont des métropoles incomplètes. Les villes-mondes dont le rayonnement est principalement culturel (Rio, Venise) en sont un exemple. D’autres métropoles ne rayonnent qu’à l’échelle nationale ou régionale : ce sont les métropoles secondaires.

Les métropoles sont en concurrence à l’échelle mondiale pour attirer des investissements, une main d’œuvre très qualifiée ou des touristes. Pour renforcer leur attractivité, elles vont se réorganiser (aménagements urbains) ou s’appuyer sur le marketing territorial pour souligner leurs points positifs. L’organisation d’événements planétaires ou de grands projets architecturaux participent également à affirmer le statut de métropole des villes.

Ecoute la leçon

– Le résumé en schéma : Les métropoles : hiérarchie et compétition


Vocabulaire

Archipel métropolitain mondial : ensemble de métropoles mondiales séparées dans l’espace mais fortement connectées entre elles.

FTN (firme transnationale) : entreprise qui a des activités dans plusieurs pays.

Marketing territorial : ensemble des moyens mis en oeuvre pour valoriser l’attractivité d’un territoire.

Métropole incomplète : métropole qui ne présente des fonctions de commandement que dans quelques domaines d’activité.

Métropole secondaire : métropole dont le rayonnement est limité à l’échelle nationale ou régionale (= « capitale régionale »).

Métropolisation : processus de concentration de populations, d’activités, de valeur dans des ensembles urbains de grande taille (= métropoles).

Mondialisation : processus de mise en relation de territoires sur la planète par des flux de biens, de services, de personnes et de capitaux.

Produit Urbain Brut (PUB) : indicateur économique qui mesure la richesse d’une ville sur le modèles du PIB pour les pays.

Quartier d’affaires : quartier consacré aux activités économiques et financières (sièges des FTN, banques et assurances) qui concentre des grandes tours de bureaux d’entreprises.

Technopole : espace où se concentrent des activités de haute technologie et innovantes (ex. Sillicon Valley à San Francisco).

Ville globale (ou « ville mondiale ») : métropole dont les fonctions de commandement ont une influence mondiale, notamment sur le plan politique et économique.

Ville-monde : ville qui rayonne dans le monde pour des raisons historiques, culturelles ou artistiques, sans nécessairement être une puissance politique et économique.


Documents

– Vidéo : Le taxi-hélicoptère à Sao Paulo (AFP, 2017)

– Carte : Les principales villes mondiales

– Cas d’étude : Shanghai, ville globale

Intro. Métropole et urbanisation

A. Les métropoles

Métropole : agglomération qui concentre des fonctions de commandement et dont l’influence s’étend sur un territoire plus ou moins vaste (région, pays, monde).

→ Ville mondiale : ville qui rayonne dans le monde pour des raisons historiques, culturelles ou artistiques, sans nécessairement être une puissance politique et économique.

→ Mégapole : métropole d’au moins 10 millions d’habitants

Agglomération : ensemble urbain qui réunit la ville-centre et sa banlieue.

Fonctions de commandement : activités de direction dans les secteurs politique, économique, financier, logistiques culturel et scientifique qui tendent à se concentrer dans les métropoles.

Les métropoles dont les fonctions de commandement ont une influence mondiale, notamment sur le plan politique et économique, sont appelées villes globales.

B. L’urbanisation

Urbanisation : processus de croissance de la population urbaine (croissance urbaine) et d’extension des villes (étalement urbain).

→ Taux d’urbanisation : part de la population (en %) qui vit en ville.

→ Croissance urbaine : augmentation de la population des villes.
La croissance urbaine est un facteur de l’étalement urbain.

→ Étalement urbain : processus d’extension des villes vers la périphérie.
En rognant les espaces ruraux, l’étalement urbain est confronté aux enjeux environnementaux.

Transition urbaine : passage d’une population majoritairement rurale à une population majoritairement urbaine.

On estime qu’en 2007, plus de la moitié de la population mondiale vit en ville.

A. Une population mondiale de plus en plus urbaine

1. Une urbanisation à plusieurs vitesses

La population mondiale vit majoritairement dans les villes. En effet, on estime que 55 % de la population mondiale est urbaine en 2019 (68 % de la population mondiale devrait être urbaine en 2050).

Toutefois, le taux d’urbanisation est différent selon les régions du monde. D’une manière générale, les pays du Nord sont ainsi plus urbanisés (82% aux États-Unis en 2018) que les pays du Sud (34% en Inde). Il existe cependant des cas particuliers comme en Amérique du Sud (92% en Argentine). Ces disparités sont liées au niveau de développement économique et social (actuel et passé) des pays.

En Amérique, en Europe et dans certaines régions d’Asie orientale (Japon, Corée du Sud) la transition urbaine est ainsi achevée. Leur croissance urbaine est donc désormais faible.

Reste que la transition urbaine est toujours en cours dans la plupart des pays du Sud, notamment en Afrique et en Asie où la population rurale est importante. L’exode rural et l’accroissement naturel favorisent l’augmentation du nombre d’habitants dans les villes des pays du Sud (forte croissance urbaine).

Ecoute la leçon

– Le résumé en schéma : Une urbanisation à plusieurs vitesses

2. Des métropoles de plus en plus grandes

Avec la progression de l’urbanisation, liée notamment à la croissance démographique, les villes devraient être plus nombreuses et de plus en plus grandes. Selon les chiffres de l’ONU, 2,5 milliards de personnes pourraient s’ajouter aux espaces urbains d’ici 2050.

Cette urbanisation entraîne une extension des villes : l’étalement urbain. Les dynamiques de périurbanisation tendent ainsi à se généraliser dans toutes les régions du monde en particulier grâce à la démocratisation des véhicules particuliers. Cependant, l’étalement urbain doit faire face à plusieurs problématiques comme le recul des espaces agricoles, les conflits d’usages, les mobilités ou la préservation de l’environnement (impact sur la biodiversité, pollution…).

Autre conséquence de l’accélération de l’urbanisation, le nombre de mégapoles augmente dans le monde, en particulier dans les pays du Sud. Aujourd’hui, selon l’ONU, le monde compte 33 mégapoles dont la plupart se situent en Asie (20 au total dont 6 en Chine et 5 en Inde). Elles devraient être 43 en 2030. Là encore, la forte concentration de population urbaine amène les mégapoles à faire face à des difficultés liées au logement, au transport, aux infrastructures et à l’emploi. Toutefois, ces mégapoles ne concentrent « que » 7% de la population mondiale.

Ecoute la leçon

– Le résumé en schéma : Des métropoles de plus en plus grandes


Vocabulaire

Accroissement naturel : différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès.

Croissance urbaine : augmentation de la population des villes.

Étalement urbain : processus d’extension des villes vers la périphérie.

Exode rural : migration des populations de la campagne vers la ville.

Mégapole : métropole d’au moins 10 millions d’habitants.

Métropole : agglomération qui concentre des fonctions de commandement et dont l’influence s’étend sur un territoire plus ou moins vaste (région, pays, monde).

Périurbanisation : extension des surfaces « artificialisées » en périphéries des agglomérations urbaines => étalement urbain.

Taux d’urbanisation : part de la population qui vit en ville (en %).

Transition urbaine : passage d’une population majoritairement rurale à une population majoritairement urbaine.

Urbanisation : processus de croissance de la population urbaine (croissance urbaine) et d’extension des villes (étalement urbain).


Documents

Graphique : L’évolution de la population urbaine et rurale dans le monde entre 1950 et 2050

Carte : Taux d’urbanisation et mégapoles dans le monde en 2018

Graphique : Le nombre de mégapoles dans le monde (1990-2018-2030)

Graphique : Le top 10 des plus grandes métropoles mondiales (1990-2018-2030)

– Satellite : Les grandes aires urbaines mondiales vues du ciel (2016)

– Vidéo : Qu’est-ce qu’une mégapole ?